Les changements de régime par la force intervenus en Guinée, au Mali et au Tchad, avec une mention spéciale à Bamako où il s’est produit une première mondiale, à savoir un coup d’État dans le coup d’État, ont des effets collatéraux sur le risque pays des États africains.La dégradation de la notation est quasi-générale pour toute l’Afrique subsaharienne, les grandes agences mondiales d’appréciation des risques souverains et les assureurs-crédit en sont arrivés à la conclusion que ces coups de force inaugurent un nouveau cycle de fragilisation des pays africains. Pour ces organismes, les transitions conduites actuellement par les militaires à Conakry, Ndjamena et à Bamako ne sont pas les dernières tant que les causes structurelles qui nourrissent l’instabilité dans ces pays ne seront pas traitées. Et ce n’est pas par des coups d’État à répétition que l’on y arrivera.Oui, contrairement à ce que veulent faire croire certains populistes à Bamako et à Conakry, les coups d’État et l’imprévisibilité qu’ils créent coûtent très cher. Ces États, comme la plupart des pays africains, empruntent désormais à des conditions encore plus onéreuses que par le passé. Ensuite, les produits qu’ils importent vont renchérir du fait de la forte hausse des primes d’assurance que supportent leurs fournisseurs. Mais le coût le plus élevé est sans doute l’érosion de la confiance des agents économiques, y compris à l’intérieur. Les sorties des capitaux se sont d’ailleurs accélérées dans les trois pays et la plupart des opérateurs économiques tiennent le frein à main.
Abashi SHAMAMBA
Docteur en sciences économiques et journaliste économique depuis plus de 25 ans au Maroc.
En plus de son activité de conseil, il enseigne également à l’université.

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