Pour dénoncer les mauvaises conditions de travail, licenciements abusifs, salaires précaires…, les chauffeurs de bus Tata ont décrété un mot d’ordre de grève de 48h à partir de ce lundi. Une décision qui n’est pas du goût des usagers surtout en ce premier jour de la semaine. Reportage!

L’arrêt qui se trouve devant la pharmacie Touba de Hann Maristes 2 est bondé de monde ce matin. Un décor inhabituel. Élève, mères de famille, jeunes, tous attendent, déboussolés, les bus qui passent respectivement par cet endroit.

Certains usagers rencontrés se disent surpris par la situation, car n’étant pas au courant de la grève. C’est le cas de Mariétou Gaye, vêtue d’un pantalon jean bleu et d’un haut vert. La jeune femme estime être mise au parfum sur place.

« C’est quand je suis arrivée ici qu’on m’a mise au courant de la grève, heureusement que je ne travaille pas loin, je peux me rendre à pied à mon lieu de travail. C’est juste à Castors », fait savoir la demoiselle.

Selon Alpha Mamadou Diallo, vendeur de café à l’arrêt la pharmacie Touba, les gens ont vécu, ce matin, une situation très difficile.

« La situation est très précaire par rapport à ce qui se passe d’habitude. On a entendu que les bus étaient en grève et c’était très difficile pour les gens de se rendre à leurs destinations. J’ai vu des personnes cotiser pour prendre un taxi. Il y avait un jeune homme qui voulait se rendre à Ngor, il a demandé s’il y avait des personnes qui ont la même destination que lui pour qu’ils cotisent afin de prendre un taxi ensemble. Il y avait également une fille qui était obligée de retourner chez elle pour prendre de l’argent, car elle n’avait pas pris assez de sous pour prendre un taxi. Des élèves avaient des problèmes de transport, ils ont dû attendre le bus Dem Dikk pendant plus d’une heure, quand la voiture est arrivée, elle était pleine, les gens se sont bousculés et se sont entassés à un tel point que les portes du véhicule ne se sont pas refermées ».

D’autres usagers, quant à eux, préfèrent prendre les « car rapide ». C’est le cas de Makhtar Séye, maçon de son état, le jeune homme préfère ne pas se déplacer avec les bus Dem Dikk.

« J’habite à Grand-Yoff et j’ai un chantier ici aux Maristes; pour ne pas arriver en retard, j’ai pris un car rapide jusqu’à Castors, ensuite j’ai marché jusqu’à l’entrée des Maristes pour prendre un « clando ». Je ne veux pas prendre les véhicules Dem Dikk, leur trajet est parfois trop long et ils sont actuellement bondés », dit-il.
À cent mètres de là, se trouve le Cem des Hann Maristes. Des élèves rencontrés devant l’établissement déplorent la situation pour avoir marché pour venir à l’école.

Quant à Sokhna Mbaye et ses amies, elles racontent qu’elles ont été déposées ce matin à l’école par leur voisin, mais à leur descente de l’école elles vont marcher jusqu’à chez elles, elles disent ne pas avoir d’autres alternatives.

Nafi Diagne, la cinquantaine environ drapée dans une robe « khatoum » orange et blanc, un bonnet blanc sur la tête, vendeuse de petit déjeuner au Cem Maristes, pense que les employés de l’Aftu doivent trouver un autre moyen de montrer leurs mécontentements, plutôt que de priver les gens de transport. D’après la dame, « l’une des élève du Cem est venue m’emprunter mon téléphone pour appeler sa maman pour qu’elle lui envoie de l’argent afin de prendre un taxi à sa descente, mais elle n’a pas pu la joindre, c’est par la suite qu’elle a appelé sa tante pour lui faire part de sa situation et cette dernière lui a recommandé de marcher jusqu’à la maison et qu’elle-même, a dû marcher pour aller au boulot », raconte la vendeuse.

SENEWEB

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