YAYA JAMMEH: un Président par défaut (par Mor Mbathio Ndiaye)

Le dĂ©part de YAYA JAMMEH est un ouf de soulagement pour le peuple GAMBIEN mais aussi pour tous pays adhĂ©rant Ă  la CEDEAO communĂ©ment appelĂ© (CommunautĂ© Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest). DĂ©jĂ  vingt deux ans de pouvoir, le peuple Gambien vivait dans une autarcie rĂ©calcitrante oĂč tout leur droit Ă©tait bafouĂ© par un seul homme considĂ©rĂ© comme un « dĂ©miurge » dans ce pays. L’enfant de Kanilaye, arrivĂ©e au pouvoir dans les annĂ©es 94 avec comme grade de capitaine d’armĂ©e lors d’un coup d’Etat complotĂ© sur l’ex-PrĂ©sident Daouda Diawara. Ce dernier a trouvĂ© refuge au SĂ©nĂ©gal et laissant derriĂ©re lui une Gambie entre les mains d’un jeune militaire inexpĂ©rimentĂ© en matiĂšre d’état et qui dĂ©tenait les reines du pouvoir jusqu’en 2016.
Le peuple Gambien en a longtemps souffert car il vivait dans un rĂ©gime dictatorial oĂč la libertĂ© d’expression n’existait pas, les opposants emprisonnĂ©s Ă  la limite mĂȘme tuĂ©s ou exilĂ©s vers d’autres cieux.
Les intĂ©rĂȘts entre ces deux pays n’existaient presque pas si l’on considĂšre que l’économie principale de la Gambie repose sur le commerce et le tourisme dont le SĂ©nĂ©gal, pays frontalier en bĂ©nĂ©ficie avec un pourcentage trĂšs faible. D’autant plus que l’ex-homme fort de la Gambie avait BoycottĂ© le marchĂ© de la CEDEAO pour des divergences idĂ©ologiques ou d’opinions et prĂ©fĂšre s’ouvrir vers d’autres horizons beaucoup plus rentables.
Imaginons que le pont de la CEDEAO dont la pose de la pierre a Ă©tĂ© faite par le Premier Ministre Mahammad Boun Abdallah Dion en compagnie du Khalife GĂ©nĂ©ral des NiassĂ©nes Cheikh Ahmet Tidjane Niasse, pourrait rapporter beaucoup d’opportunitĂ©s sur le plan Ă©conomique tant du cotĂ© de la Gambie mais aussi du SĂ©nĂ©gal car cela facilitera les Ă©changes entre les personnes et les biens.
La SĂ©nĂ©gambie, une confĂ©dĂ©ration nĂ©e sous les cendres de l’indĂ©pendance s’est trĂšs tĂŽt effondrĂ©e car deux pays n’ayant pas en partage la langue officielle et une administration diffĂ©rente « Direct rule vs Indirect rule »mais cependant on note une seule nation car ils ont de commun le facteur humain, territorial et historique.
Ce petit pays, long de 300km, constitue une enclave Ă  l’intĂ©rieur du SĂ©nĂ©gal mais tant rĂȘvĂ© par le peuple SĂ©nĂ©galais Ă  cause de son environnement verdoyante et de sa vie paisible. Mais cependant, ce pays veut retrouver son lustre d’antan autrement dit sa position de « terranga Gambienne » et d’accueil dans la sous rĂ©gion.
YAYA JAMMEH part BARROW arrive avec un autre « look » car ce dernier a du pain sur sa planche. Un gros travail l’attend oĂč il doit reformer toutes les institutions fragilisĂ©es par son successeur et mettre en place une Ă©quipe dynamique et compĂ©tente capable de gĂ©rer les destinĂ©s du pays. Ce nouveau PrĂ©sident porte l’espoir de tout le peuple Gambien d’autant plus que les Gambiens veulent un changement radical contre l’ancien rĂ©gime. Et se sera une aubaine pour tous les Gambiens Ă©pris de paix, de justice ou mĂȘme des opposants exilĂ©s ou emprisonnĂ©s rien que pour dĂ©fendre la dĂ©mocratie, la justice, l’égalitĂ© entre le peuple Gambien.
Du cotĂ© du SĂ©nĂ©gal, la paix en Gambie c’est la paix au SĂ©nĂ©gal d’autant plus que le SĂ©nĂ©gal est un pays trĂšs exposĂ© du fait de sa position gĂ©opolitique Ă©tant donnĂ©e que l’ancien rĂ©gime commandĂ© par l’enfant de Kanilaye le PrĂ©sident Yaya Jammeh soufflait entre le chaud et le froid dans cette zone casamançaise. Ce dernier jouait la volte-face dans la rĂ©gion sud du SĂ©nĂ©gal car beaucoup d’eau a coulĂ© sur les ponts entre ces deux pays mais des problĂšmes gĂ©opolitique et des intĂ©rĂȘts capitaux tardent souvent Ă  rĂ©gler ce problĂšme qui date plus de trois dĂ©cennies.
L’avĂšnement d’ADAMA BARROW Ă  la tĂȘte du peuple Gambien lors des Ă©lections passĂ©es montre la maturitĂ© du peuple Gambien en matiĂšre de dĂ©mocratie malgrĂ© toute leur privation de libertĂ© dans ce pays. Ils ont adoptĂ© la voix des urnes tout en Ă©tant conscient que c’est le seul chemin lĂ©gal pour descendre l’homme fort de Kanilaye dans son State – Place. Et les urnes ont parlĂ© en proclamant ADAMA BARROW futur prĂ©sident de la Gambie.
Je pense que la Gambie mĂ©rite une haute considĂ©ration sur l’échiquier internationale au moment ou beaucoup de leader marchait sur des cadavres pour accĂ©der au trĂŽne. D’autres par contre, prĂ©fĂšrent descendre dans les rues pour dĂ©noncer la gestion mafieuse de certains dirigeants africains avec un tripatouillage sans fin de la constitution.
Le SĂ©nĂ©gal et la CEDEAO ont aussi jouĂ© leur partition dans le jeu car n’eut Ă©tĂ© l’intervention des forces militaires de la CEDEAO et la carte diplomatique commandĂ© par Elen Johnson SIRLIF et Cie, ce pays sera en ruine avec des pertes inestimables. Mais chose faite, la voie du discours a remportĂ© sur la voie militaire car le PrĂ©sident YAYA JAMMEH a finalement dĂ©dire « wax waxeth » en acceptant la vĂ©ridique des urnes tout en partant vers son GuinĂ©e Equatoriale sans laisser des effusions de sang.
Wait and see? quel sort le peuple Gambien va lui rĂ©server avec toutes ses injustices qu’il a portĂ© jusqu’à prĂ©sent sur le dos du peuple Gambien ?
VIVE le Sénégal***VIVE le Peuple Gambien***

Mor Mbathio NDIAYE
Email: mormbathio.ndiaye@yahoo.fr

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