En procédant au lancement du mouvement Vision pour un Sénégal Nouveau, Habib SY pense qu’il « faudrait reconstruire le pays » et compte mettre en œuvre le capital d’expériences engrangées dans son parcours d’homme d’Etat et de responsable politique. Il veut compter sur la collaboration et la coopération de toutes les potentialités que regorge notre pays « nous avons toutes les possibilités et les plus importantes sont les ressources humaines ».

L’ambition de développer le Sénégal, l’ambition de voir un Sénégal émergent, c’est sans doute, la chose la mieux partagée  par ses citoyens. L’idée est, somme toute, noble et patriotique. L’ex Directeur de Cabinet d’Abdoulaye Wade dont il portait fièrement la vision, veut  prendre, aujourd’hui, un nouvel élan, en créant un mouvement et  veut marquer une rupture totale.

Il me semble absurde de vouloir opérer une rupture, après tant d’années, à côté d’un chef dont on ne cessait de louer les actes bons ou mauvais et auquel on s’identifie ostensiblement, à tors ou à raison. Habib Sy  avait le privilège et la latitude de se démarquer du « roi Wade » quand la régence était constatée ; comme l’ont fait ses ex frères libéraux (Idy, Macky, Pape Diop et tant d’autres). Il  a attendu que la déchéance et l’effritement  ininterrompu du parti (PDS) soient effectifs pour faire son chemin à destination d’un « Sénégal nouveau ». Manquait-il de courage pour le faire ou bien, l’idée s’était noyée dans les nombreuses visions du Président Wade?

L’initiateur du mouvement VSN se veut un justicier, un réparateur des fautes commises  par un pouvoir dans lequel il se confond. Devant un parterre de sympathisants et de militants, le maire de Linguère se désole et se plaint de la cherté de la vie en laissant entendre « les Sénégalais sont fatigués  parce que le pouvoir d’achat est faible. Le paysan continue de souffrir, il n’arrive pas à vivre de son travail ». Les plus pessimistes d’aujourd’hui ont été les plus optimistes d’autrefois quand Wade nous faisait rêver en promettant des  monts et des merveilles. Heureusement pour lui, comme il se reconnait coupable et comptable en disant « nous avons tous pêché ». Faire son mea culpa et se confondre en excuses ne suffiraient pas pour espérer diriger  un jour, les destinées de ce pays. S’il ne tenait qu’à cela, Tanor Dieng ou Idrissa Seck seraient élus président de la République, eux qui ont occupé  le même poste de Directeur de Cabinet respectivement pour Diouf et Wade.

Vision pour un Sénégal Nouveau vient s’ajouter aux multitudes de mouvements très prétentieux qui se prennent pour des porteurs de merveilles d’intelligence, de compétence  et de miracles pour le Sénégal. Une vision obscure qui se démarque du PDS et  qui se réclame de la périphérie du parti sans que les véritables raisons soient déclinées. En  outre, le PDS ne reconnait aucun mouvement ni aucun courant en son sein. Le paradoxe est que le maire de Linguère reste un militant de ce même parti.  Au-delà des ambitions affichées ou cachées, tout  porte à croire que sa mission régalienne a un goût d’inachevé, il semble gagné par la nostalgie du pouvoir. En réalité, ne pas réaliser ses objectifs et  ne pas achever sa mission peuvent  donner l’illusion d’entreprendre encore plus, mieux ou autrement. Pourquoi Habib SY ne serait pas tenté de remplacer Wade à la tête du parti ? Pourquoi autant de scepticisme et de doute sur sa candidature présidentielle en 2017 ? Ne tenterait il pas de convoiter un poste ministériel ? N’attendrait il pas de se faire confier une mission de la part de son ami,  Macky SAll?

« Chacun ne vit que dans l’instant présent, dans le moment ; le reste, c’est le passé ou un obscur avenir. » Pensées

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