Avec l’avènement de la réforme communément appelée Acte 3 de la Décentralisation, la commune de Thiamène-Pass est bâtie sur les vestiges de l’ex-communauté rurale. Elle est située au nord-ouest du pays. Elle fait partie de l’arrondissement de Sagatta-Djolof, du département de Linguère et de la région de Louga. La commune de Thiamène -Pass est constituée de 59 villages pour une superficie de 472 km2.   Sa population est estimée à 26.672 habitants. Wolofs, peulhs, maures et sérères en sont les composantes ethniques. Les activités principales sont l’agriculture et l’élevage.

Ndoumbé NDIAYE, matrone au poste de santé de Thiamène-Pass, trouvée dans son bureau se désole du manque criard d’ambulance. « Nous avons un problème de véhicule. Pour évacuer des patients, nous recourons au véhicule du maire ou à celui à celui du père du chauffeur de l’ambulance. L’indigence en matière logistique est une véritable entrave aux soins de qualité du service médical ».

« Les patients sont évacués à bord de voitures incommodes à destination des centres de référence à Dahra-Djolof et Linguère », se désole-t-elle. « Nous ne sommes pas des salariés, nous percevons nos revenus des recettes générées par les contributions des patients d’où nos perdiems dérisoires », se désole-t-elle à nouveau.

Des points de satisfaction, elle n’en manque pas. Ainsi, témoigne-t-elle : «la rupture de médicaments est rare dans le poste car chaque année la mairie en dote à suffisance. Vraiment !»

Accroché, le chauffeur de l’ambulance Mamour DIEYE embouche la même trompette. « Pour la prise en charge des frais de transport pour l’évacuation des malades dépend de la distance de la localité. Les malades référés à Dahra-Djolof sont totalement pris en charge par le poste. Par contre ceux qui viennent des villages de Taïba, Ndiossy et de Mélakh doivent débourser au maximum 3.000F de nos francs. Les patients de   Darou Salam et Mboussobé, des zones plus distantes sont obligés de prendre en charge tous les frais nécessaires à leur évacuation. Soit 4.000 FCFA ».

Pour le conseiller municipal, siégeant à la commission domaniale, Mallé THIAM, « tout se fait par consensus au sein du conseil municipal de Thiamène-Pass. Même pour le vote du budget, le maire laisse le soin aux conseillers municipaux de faire des observations et des amendements, c’est pourquoi d’ailleurs les budgets sont consensuels ». Toujours selon lui, annuellement, la mairie subventionne à hauteur de 5.000.000 de nos francs aux différentes écoles que compte sa commune. C’est ainsi que chaque année les résultats répondent aux attentes de la communauté.

Toutefois, il souligne la rareté des ressources : « nous n’avons pas de marché qui génère pas des fonds ».

Habib Thiobane, un enseignant en service à l’école Ndiéyene Thiamène, témoigne à son tour : « le maire a récemment tout mis à notre disposition. Toutes les 18 écoles avaient été désinfectées en perspective de la rentrée scolaire du 02 juin dernier. Et tout le matériel demeure encore sur place pour une bonne reprise des classes. Le protocole sanitaire qu’on avait ficelé avec les syndicats, la société civile, le ministre de l’éducation nationale, n’a souffert de rien » Il a souligné avec regret le non raccordement à la tension du courant continu dans certains villages de la commune tels que Darou Salam Mélakh, et Boussobé. Certaines écoles également courent derrière un mur de clôture à l’image de l’école primaire de Thiamene pass ».

Selon toujours lui, la case de santé de Mélakh n’a été érigée en poste de santé que sous le magistère du Maire Moussa Ndiaye. Il faut noter également que le projet ANIDA a offert une chance à la jeunesse qui se lance dans les fermes agricoles.

Notre interlocuteur d’ajouter : « En matière d’éducation, le maire n’hésite pas à nous venir en aide, s’engageant même, à chaque fois que de besoin, à mettre son véhicule à notre disposition pour le transport des élèves éloignés du centre. Pour contenir la Covid19, il a dégainé plus de 20 millions sans compter le montant de 1.500.000 de francs alloué aux transporteurs fortement impactés par la pandémie ».

« Toutes les factures d’électricité des écoles et des lieux de culte sont entièrement pris en charge par la municipalité, ainsi que la moitié du salaire du gardien », renchérit notre interlocuteur.

Depuis son accession à la mairie de Thiamène-Pass, les subventions pour l’acquisition des fournitures scolaires (cahiers, ardoises, bics) et des produits détergents arrivent à temps, soit une semaine avant le démarrage des cours.

La responsable des femmes de Pampi, un village dans la commune de Thiamène-Pass, mère Khobi Yambe Ndiaye d’ajouter : « nous peinons énormément à nourrir nos enfants. Nous ne sommes pas des fonctionnaires, tous nos revenus proviennent des récoltes, de la vente du bois mort, de l’herbe sèche ou du foin ». « Présentement, en cette approche d’hivernage, nous courons derrière les semences d’arachide et l’aide alimentaire. Cette année certainement il y aura une augmentation, car l’année dernière nous avions reçu chacun 10 kg d’arachide ».

La Covid 19 a paralysé tous les secteurs d’activités. « Il nous est impossible de vaquer à nos occupations quotidiennes en cette période d’état d’urgence », ajoute-t-il avant d’interpeller l’Etat à sortir les populations rurales des ténèbres.

Reparlant de ses réalisations dans sa commune de Thiamène-Pass comme pour ébaucher son bilan en fin de mandat, le maire Moussa Ndiaye de dire qu’« il y a deux aspects qui me paraissent importants. Le premier aspect, c’est que les communes gèrent des compétences transférées qui sont au nombre de neuf domaines. Sur chaque domaine, les collectivités locales sont attendues. En plus de cela, Il y a aussi les compétences générales, l’agriculture, l’élevage, en collaboration avec l’Etat, pas mal de choses ont été réalisées ».

Ainsi, argumente-t-il,« Depuis notre installation au niveau du conseil municipal, nous avons construit au moins sept salles physiques de classe sans compter les trois en chantier. On ne s’est pas limité aux constructions par ce que depuis 2014, nous accompagnons l’ensemble des écoles dans la dotation de fournitures. Chaque année une enveloppe de cinq millions de nos francs est injectée pour l’achat des fournitures. Pour l’ensemble des écoles qui sont électrifiées dans la commune, c’est la mairie sur fonds propres qui gère la facture ».

« Après une expression de besoins formulée par des enseignants qui interviennent dans ces écoles électrifiées, la mairie n’a pas lésiné sur ses moyens pour être au chevet de l’éducation en terme de matériels de reprographie, de matériel informatique, comme matériels d’impression et ordinateurs, une manière de permettre à ces écoles de bien fonctionner. De même qu’en 2017, le maire a organisé le prix de l’enseignant, pour récompenser les trois meilleurs enseignants de la commune conformément au désir du président de la république. Pareillement nous avons compris que les enseignants attendaient beaucoup de la mairie, nous n’avons pas hésité à mettre les moyens. Dans le cadre de la lutte contre la Covid19, nous avons doté les écoles, de 18 termes flashs, des dispositifs de lavage des mains, des cartons de savon, de gel hydro-alcoolique et de 1500 masques pour les élèves et les enseignants ».

« Outre le domaine de l’éducation, la commune de Thiamene –Pass dispose aujourd’hui d’un poste de santé et de sept cases de santé. Depuis notre installation, chaque année le conseil municipal prend en charge les médicaments. Depuis la création des comités de développement sanitaire, les revenus des travailleurs de la santé se sont améliorés. Pour leur tirer d’affaire, nous avons opté pour la méthode de compensation. On s’est dit puisque le système de rémunération   ne permet pas à cette catégorie d’agent de s’épanouir dans le travail. D’où la subvention de la commune. Cette année un montant de sept cent mille francs (700.000 de nos francs) a été octroyé aux quatre (4) travailleurs pour leur permettre de subvenir à leurs besoins familiaux. Ajoutez à cela une maternité qui a été construite à la case de santé qui est érigée en poste de santé pour une valeur de 10 millions.

Depuis deux ou trois ans, nous procédons à la réhabilitation des cases de santé par moins de 3 millions par année. Là aussi on fait appel aux acteurs qui interviennent dans ces cases de santé à qui nous demandons de faire l’expression de besoins. Pour freiner la malnitrution dans nos localités, nous signons des conventions avec le PRN (programme de renforcement de la nutrition) »

Sur un tout autre chapitre, l’édile de Thiamène-Pass de poursuivre : « En 2015, nous avons clôturé le terrain municipal, une véritable aubaine pour les acteurs du championnat national populaire qui éprouvaient toutes les peines du monde pour honorer leurs engagements et d’ailleurs le dossier de l’appel d’offre pour la construction de l’aire de jeu est déjà fin prêt. Chaque année nous avons prévu une manne financière importante pour l’ensemble des associations sportives et culturelles que compte la commune de Thiamène-Pass, ASC, (14) ».

Au maire de souligner qu’« avant 2014 les gens ne parlaient pas de lotissements  au niveau de la commune de Thiamène Pass mais aujourd’hui , c’est des milliers et des milliers de parcelles  bien loties qui ont été attribuées aux ayant-droits .Pas mal de familles  sont entrées  en possession des terres qui ont été léguées par leurs ancêtres ».

La mairie de Thiamène- Pass a réussi un coup. « Elle a formalisé l’ensemble des groupements d’intérêt économique (GIE), avant de les fédérer en réseaux des femmes » dit-il.

Il se désole du problème de recouvrement. « Il n’y a pas de marché hebdomadaire pour recouvrer les taxes ; le seul lieu capable de générer des recettes c’est la carrière et depuis 2 ans cela ne fonctionne plus ». Pour preuve, en 2018 sur 59 villages, la mairie n’a reçu que 190.000 F CFA d’impôts. D’ailleurs notre assiette financière ne nous permet pas de recruter un personnel afin d’assurer le recouvrement. N’eussent été les fonds de dotation à hauteur de 18.500.000 F CFA et les fonds de concours (31.500.000 F CFA) , la commune allait rencontrer des problèmes énormes pour le bien-être des populations » souligne-t-il.

 Se prononçant sur les problèmes d’électricité, de piste de production, « il y a beaucoup de villages qui ne sont pas électrifiés aujourd’hui ou sont privés de pistes de production, par ce que tout simplement c’est des investissements très lourds ».

« Pour se rendre au village de Mérina Ndiaye c’est la croix et la bannière, à cause de la piste sablonneuse. Et beaucoup de nos écoles ne sont pas clôturées » a expliqué le maire qui a reconnu le besoin pressant d’une ambulance pour permettre aux blouses blanches de travailler dans des conditions les meilleures.

Masse Ndiaye( djolofdjolof.net)

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