Pour des politiques publiques rationnelles !

Pour une gouvernance de rupture affirmée et assumée, la prospective et l’évaluation comme modalités de mise en Å“uvre des politiques publiques de développement sont essentielles et doivent, de ce fait, d’être prises absolument en compte pour tout pays voulant s’inscrire dans une dynamique irréversible vers l’émergence.

D'ailleurs ,il est enthousiasmant de noter que le gouvernement dans un de ses communiqués rendant compte des débats du conseil des ministres, a de façon résolue, pris l'option , désormais ,de conduire ses politiques dans tous les secteurs sur la base de la prospective et du suivi évaluation. Il justifiait cette option par sa volonté d'optimiser ses ressources et d'apporter beaucoup plus de prédictibilité et de prévisibilité dans ses actions de gouvernance et ,ainsi manifester par là, une vraie preuve de rupture telle que annoncée par le chef de l’État lors de sa campagne pour briguer le suffrage des sénégalais.A n'en pas douter, cette option, en soi salutaire, exige de la part des autorités, la mise en place de dispositifs techniques et institutionnels pour accompagner ce processus qui ,conduit à terme permettra d'avoir des politiques publiques de développement qui ne seront plus la seule affaire des décideurs politiques ,le développement étant par excellence une construction multi acteurs et multi secteurs .Il permettra ,ce processus ,d'installer les citoyens, seuls destinataires de tous ces projets et programmes, dans de véritables conditions d'exercer leur contrôle citoyen,autre dimension de crédibilité et de crédibilisation comme tout le monde le sait de la bonne gouvernance démocratique dont le socle d'expression le plus solide demeure la participation populaire.C'est au nom de cette participation populaire dans la construction de ce développement que le concept d'acteurs non étatiques a pris sa place dans la terminologie des stratégies de développement.Pour la mise en œuvre de cette vision de démarche et de pratique en matière de gestion publique,il existe dans l'organigramme de la plupart de nos institutions publiques, des structures chargées justement d'implémenter et de conduire les missions liées aux opérations d'études, de suivis , d évaluations et de prospectives. Mais , force est de reconnaître aussi, que la plupart d’entre elles brillent malheureusement par leur inertie et leur torpeur du fait que dans les systèmes d'allocation des ressources budgétaires, elles se voient attribuées des strapontins qui ne leur permettent pas d’être opérationnelles dans les missions hautement stratégiques qui leur sont confiées.Cette situation est d’autant plus cocasse que par recommandation et directive communautaires, nos pays dans notre espace sont sous implantation des cdsmt (cadres de dépenses sectorielles à moyen terme) dont la philosophie de base qui sou tend son implémentation est d’initialiser de nouvelles formes d’allocation des ressources qui soient beaucoup plus en congruence avec les critères d’efficacité et d’efficience budgétaires.Mais l’efficacité et l’efficience pour être des déterminants probants doivent être mesurés par des indicateurs de performance objectivement mesurables.Cette dimension constitue l’axe principal dont les structures de prospective et de suivi évaluation sont chargés justement de conduire.Pour ne rien exagérer ,si elles fonctionnent bien, elles doivent constituer la conscience dans notre dispositif technique et institutionnel de gestion de nos ressources publiques !

L'autre aspect explicatif de leur inefficacité est liée aux stéréotypes développés par les structures opérationnelles à leur sujet.Au lieu de les considérer comme des partenaires stratégiques dans l'accomplissement optimal de leurs missions en ce qu'elles les aident dans l’identification et la priorisation des défis et contraintes à lever pour plus d'efficacité et d'efficience dans leurs interventions, on les assimile à des corps d'audit et de contrôle au sens contraignant et coercitif du terme.A l'image des entités comme la cour des comptes , l'inspection générale d'Etat pour ne citer que les plus en vue.Pour changer cette mauvaise posture nous déterminant à être rétifs et même carrément hostiles à ces structures normalement avant gardistes,seules gardiennes de la bonne gouvernance,concept choisi désormais comme matrice et seul cadre logique d'exécution de toutes les politiques publiques par les nouvelles autorités, on attend d’elles (nouvelles autorités) de nouvelles inflexions dans le sens d'ancrer définitivement ces nouveaux paradigmes de rupture jusqu'à développer des réflexes de collaboration naturelle chez tous les gestionnaires de deniers publiques pour que plus jamais on serait emmené dans ce pays à entendre des gens poursuivis pour faute de gestion qui se chiffreraient à des sommes dont le seul prononcé donne la nausée et le tournis à ces nombreux sénégalais goorgorlu pour la plupart, véritables damnés de la terre ,trimant et cassant des pierres pour assurer le quotidien à leur progéniture pour qui aucune perspective ne se dessine à l’horizon .Le régime sortant par le nombre des casseroles que ces dignitaires traînent et dont l'ampleur a tout simplement induit la nécessité de l’érection d'une cour spéciale pour les traquer, nous a montrés par une approche à l'exemple que le tout n'est de mettre en place des structures à l’ appellation pompeuse dont la seule évocation fait trembler et flageller les jambes du gestionnaire même le plus vertueux. Le plus important à contrario est de fonder leur érection sur le socle de l’éthique qui en soi ne doit pas constituer une désincarnation où une parole purement verbale comme on disait à l’époque au CANARD ENCHAINE .Aristotes dans L’ÉTHIQUE A NICOMACQUE disait que seuls les hommes politiques sont capables d'éthique,ceux du régime précédent par l’héritage qu’ils nous ont légués, ont fini de nous convaincre du caractère peut être un peu aléatoire de ce maxime encore à domestiquer et à acclimater sous nos tropiques .Mais fort heureusement que malgré notre volonté commune de vivre en commun dans une même nation , chaque sénégalais dans une perspective Durkhemienne de la sociologie ont suivi des canaux de socialisation différente selon leur appartenance à des groupes ou à des communautés.Ce qui ne limite en rien leur mobilisation commune pour défendre avec fanatisme les causes qui interpellent le devenir de notre nation.C’est au niveau de nos attitudes et comportements pour la prise en charge de l’intérêt général que des divergences de conception et d’orientation souvent apparaissent au grand jour. C’est parce que nous avons une sensibilité pour la vertu que avons la capacité de sanctionner et de nous séparer non vertueux. Quelle manifestation est la plus éloquente pour rendre compte de l’énorme capacité d’irritation et d’indignation de nos compatriotes face à l’inacceptable et de leur énorme force de sursaut pour inverser des tendances grosses de contradictions et saturées de zones d’incertitudes pour le contrôle desquelles ils ont estimé légitimement devoir changer d’équipe de pilotage pour essayer avec de nouveaux coachs.
Une nouvelle équipe avec une nouvelle vision comme balise, ceux qui parlent d'absence de vision doivent retourner à leurs théories de management politique et stratégique.Si une vision est comprise comme une représentation partagée, à la fois rationnelle et intuitive, englobante c'est à dire maillant toutes les segments de notre société,et prospective , c'est à dire cogitant sur ce que seront les problématiques dans 10 ans ,20 ans, le yonnu yokkuté en est une.Je fais pas de l’idéologie, c'est des éléments d'analyse que je décris, donc objectifs et partagés.Armons nous de patience et ne brûlons pas les étapes,le développement se construit pierre après pierre dans une approche en cascade comme on dit en terminologie de gestion des projets. Nouvelles têtes, nouveau souffle dit on.La gestation pour porter et faire naître le progrès peut être long, mais l’essentiel est tout de suite de l’enclencher par des axes de ruptures qui se veulent comme autant de processus de déconstruction de tunnels sombres et tortueux où 12 années de pilotage à vue nous ont jeté.Le bout du tunnel ne tardera pas à nous apparaître , pour nous directement ou pour nos enfants plus tard.C’est cela aussi les jalons à poser pour satisfaire aux exigences du developpemnet durable !

Youssoupha cobar
Tél 775324025
EMAIL youssouphacobar@yahoo.fr

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