Ouverture du procès de l’ancien président tchadien : Hissène Habré jugé devant ses victimes

Ce matin, le public a eu son premier aperçu de l’ancien président tchadien, Hissène Habré, 25 ans après sa destitution, en 1990.  L’ex-homme fort de Ndjaména, qui ne voulait pas se présenter à son procès, a été finalement extrait de sa cellule du Cap Manuel, pour être présenté aux magistrats des Chambres africaines extraordinaires (Cae). Habillé d’un turban tout blanc, Hissène Habré est présentement dans la salle d’audience n° 4 du palais de justice de Dakar. L’ancien dictateur tchadien fera face à ses juges pour compte des exactions commises par son régime entre 1982 et 1990.  Il devra s’expliquer sur ses crimes devant la justice de son continent.

L’homme qui a régné sur le Tchad pendant 20 ans, est assis sur un siège devant une pléthore de journalistes, photographes et autres cameramen.

A ses côtés se trouve une dizaine d’Eléments pénitenciers d’intervention (Epi), chargés de sa sécurité. Il doit répondre de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et torture. Bien que souffrant, l’ex-homme fort de Ndjaména est présent sur tous les écrans de télévision à travers l’Afrique, pleinement conscient et prenant un vif intérêt aux procédures.

Comme tant d’autres curieux, des victimes du système élaboré et piloté par Hissène Habré dès sa prise de pouvoir, ont finalement croisé le regard de leur bourreau. Plusieurs tchadiens se sont rassemblés ce matin au Tribunal pour réclamer justice et ainsi demander la condamnation de leur bourreau. « Justice… Hissène Habré de quoi as-tu peur ? », pouvait-on lire sur des pancartes agitées par des dizaines de victimes de Habré.

De l’autre côté, sa femme Raymonde Habré et ses enfants sont présents pour le soutenir. D’ailleurs des partisans de Hissène Habré ont même perturbé l’audience en scandant des slogans : « A bas les traîtres ! Vive Habré ! » Inculpé notamment pour crimes contre l’humanité, Hissène Habré ne reconnait pas l’autorité du tribunal créé par un accord entre l’Union africaine et le Sénégal.

Le juge burkinabè, Gberdao Gustave Kam, et les trois magistrats sénégalais, Amady Diouf, Moustapha Bâ et Pape Ousmane Diallo ont été désigné pour conduire le procès de Hissène Habré. Ces derniers décideront en définitive, de l’innocence ou de la culpabilité de l’ancien chef d’Etat tchadien.

Dakaractu

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