« Oubi tey, Diang tey » nouveau souffle pour l’école ou slogan utopique ?

Mackymetre.com – La rentrĂ©e scolaire de l’annĂ©e acadĂ©mique 2016-2017 au SĂ©nĂ©gal n’aura pas Ă©tĂ© banale ; elle est rythmĂ©e par un nouveau concept portĂ© par le Ministère de l’éducation nationale : « ouby tey diang tey » (commencer les cours le jour mĂŞme de la rentrĂ©e des classes).

Ce nouveau concept n’a pas manqué d’imaginaire. En effet, connue pour la lenteur et un certain laxisme latent dans le démarrage des cours, l’école sénégalaise (ou certaines écoles triées dans le lot) s’est illustrée cette année dans la mise en pratique d’un concept sorti de l’imaginaire du ou des ministères chargés de l’enseignement au Sénégal : « oubi tey diang tey ». Ainsi ce mardi 05 octobre 2016 certaines écoles ont reçu les élèves et commencé les cours selon les vœux du Ministre de l’éducation nationale.

Mais, quel est l’intérêt de mettre ce concept en pratique ?

Traditionnellement, l’ouverture officielle de l’école était suivie des démarches administratives liées aux inscriptions des apprenants, au nettoyage (désherbage, nettoyage des salles de classe, réparation et/ou réception de nouveaux tables bancs…) des écoles inoccupées durant les vacances. Durant cette période, qui pouvait se prolongeait jusqu’à la fin du mois d’octobre, les cours n’avaient pas vraiment lieu. Ainsi, les cours ne débutaient réellement qu’à partir du mois de novembre.

Mais l’année académique 2016 – 2017 aura bouleversé ce scénario qui était plus que jamais encré dans les habitudes des élèves et enseignants.

Le démarrage immédiat des cours cette année piloté par le Ministère de l’éducation nationale ne risque-t-il pas de poser des problèmes relativement à la gestion simultanée des inscriptions, de la tenue des cours et de la remise à état des établissements qui en début d’année nécessitent un certain nombre de réparation du fait d’un manque d’entretien durant toute les vacances scolaires ?

En outre, ce concept est mis en pratique seulement dans quelques établissements ciblés. Qu’en est-il des écoles occupées par des sinistrés des eaux de pluie ou celles qui sont tout simplement inondées ?

Le Gouvernement du Sénégal va-t-il entériner ce concept sans prendre en compte l’ensemble des problèmes dont sont confrontés beaucoup d’établissement à la rentrée des classes ?

Le concept mettrait certes fin à la lenteur dans le démarrage des enseignements. En plus, il pourrait permettre enfin aux écoles d’être très en avance dans les programmes scolaires à défaut de les terminer.

Mais la réalité du terrain a révélé le caractère un peu utopique de ce concept dans la mesure où beaucoup d’établissement sont hors d’état d’accueillir des enfants du fait des eaux de pluie et l’insalubrité qui y règnent

En plus les parents d’élèves ne montrent pas beaucoup d’enthousiasme  quant à ce démarrage précipité des cours.

« Oubi tey diang tey » a donc davantage créé une situation de rentrée des classes à deux vitesses ; pendant que pour certaines écoles ont débuté les cours dans la précipitation, pour d’autres les apprenants n’ont pas été au rendez-vous en raison des conditions précaires qui y prévalent.

A côté de tous les problèmes que rencontre l’école sénégalaise, ce concept sorti de nulle part ne semble pas pouvoir apporter un nouveau souffle dans l’éducation plongée dans une crise profonde depuis des années.

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