NZOUANKEURIES ET AUTRES VIEILLERIES JURIDISTIQUES (Par Pape Sarr Nantes)

Les gesticulations malheureuses et existentielles du professeur Babacar Gueye n’ont pas fait que susciter la méprise des sénégalais, devant cette raillerie en rapport avec l’article 27 de notre charte fondamentale. Elles ont eu le mérite de sortir du bois, le vieux professeur Jacques Mariel Nzouankeu, et le plus sénégalais des béninois en a fait ses choux gras et a embrayé sur cette palabre volontairement créée pour attiser le feu d’un landerneau politique qu’on voudrait toujours chaud et brûlant. Cela expliquerait pourquoi les partisanes d’un Maire aux abois, empêtré dans une malversation supposée, aux relents enivrants de houblon de mil et de riz, semblent s’être résolues à faire chanceler le Macky à coup de awras (ou nudité) exhibés, puis certainement des séances de djoutou wang expiatoire en règle, devenues désormais seule alternative pour espérer déloger ce Président qui se pose en monstre anti « randal ». La psalmodie est toute trouvée, elles réciteront dorénavant la sourate Tabat Yada à qui elles prêtent la réputation de porter malheur à la personne contre qui elle est invoquée. Elles ont bien l’intention clairement avouée de porter malheur à notre chef suprême des armées s’il ne libère pas illico l’enfant chéri de grand Yoff. Pour la phase d’avertissement consacrant la marche de ce jour à Hann, seule la tunique noire pour toutes était de rigueur, le « saganou » collectif attendra encore et c’est peut être cela qui justifie la faible participation des badauds et autres khoslouman et sirouman dakarois qui ne se seraient pas privés pour venir se rincer les yeux en manque depuis si longtemps et qui ne rateraient ce spectacle promis pour rien au monde. Il y’a de quoi se marrer à Ndoumbélane et c’est certainement bon pour détendre ces vaillants travailleurs du projet Sénégal Emergent qui ont encore le nez sur le guidon et que s’attèlent à ouvrir un nouvel aéroport, implanter un TER et désenclaver les zones de productions. C’est dans ce contexte diachronique que le grand professeur Nzouankeu, publiciste émérite et Secrétaire Permanent comme moi d’une l’organisation très peu fonctionnelle, dite l’observatoire des fonctions publiques africaines, nous a servi à dessein que « le Président de la République doit rendre juridique son engagement politique de ne faire que deux mandats ». L’argument servi par notre expert en droit administratif, du haut de son expertise juridistique au-delà du juridique, est que cette question du premier mandat de 7 ans non compté dans les deux seuls possibles édictés par nos textes constitutionnels après la révision de 2016 n’est point réglé et qu’il faut absolument éviter le spectre d’un troisième mandat en 2024. Quand on a vu cet aïeul de la Fac de Droit, s’époumoner à suffoquer sur la TFM devant le micro et la caméra de Mamoudou Ibra KANE, on n’est obligé de se demander si ce touchant professeur a encore toute sa tête ? En tout cas il nous aura sorti toute les vieilleries de son droit du sous entendu, c’est le moins qu’on puisse dire, mais il faut se demander en sus si c’est pour lui aussi, une question d’existence, de survie, ou juste une crise de troisième âge pour un expert aux oubliettes. L’occasion était si belle que Jacques Marrant Nzouankeu en a profité pour nous faire la publicité gratuite de son recueil des modifications de la constitution, comprenant toute la lumière de l’analyse sur les évolutions consolidantes ou non, ayant affecté notre constitution. « Papi Droit Cons » comme dirait Bodian, mon grand frère et ancien colocataire de chambre au Pavillon A du campus universitaire Cheikh Anta DIOP, en a profité pour se remettre en selle le temps d’une émission lui faisant la part belle. Je n’ai pu m’empêcher de penser pendant son émission, à tous ces étudiants parfois volontaires et brillants qui se sont cassé les dents comme Bodian sur les notes assommantes et méprisantes de Nzouankeu, alors tout puissant professeur. Il est vrai que la retraite est dure à vivre quand on n’a pas une renommée au-delà des frontières d’un pays, et surtout quand on s’est fait autant d’ennemis parmi ses anciens étudiants, parfois racistes et rancuniers. De plus il ne faut pas tomber dans l’oubli quand on est expert, ou quand on est supposé l’être, sinon on verse dans la stratégie de la lumière rebelle, et on attaque sans états d’âme, un pouvoir légitime, dont le chef semble ne pas vous agréer au point de vous laisser sombrer dans l’oubli. Mais les Nzouankeuries et autres vieilleries juridistiques n’y changeront rien, notre constitution, ne sera pas réécrite demain matin, et personne ne se posera la question du troisième mandat de Macky SALL. Nous ne le suivrons pas sur ce terrain Jacques Mariel, et rien dans ses élucubrations ne nous enfoncera dans un ésotérisme juridique qu’il aurait aimé garantir et contrôler. Le loi a ceci de merveilleux, c’est qu’elle est écrite pour que tout le monde la comprenne ; sinon les gens auraient l’excuse de ne rien comprendre et donc d’ignorer ce qui ne leur conviendrait pas, or nul n’est censé ignorer la loi.

C’est Albert Jacquard qui avait raison en définitive, il faut toujours se méfier des juristes et des médecins, le caractère irréfléchi et très mimétique de l’apprentissage des matières à apprendre par cœur pour exceller dans ces disciplines en font les creusets des analphabètes fonctionnels de niveau bac +7 à bac +12.

Au point ou se trouve notre landerneau politique, je serai contraint et forcé de me présenter en 2024 après le coup Ko et le deuxième mandat du Président SALL, qui n’a encore personne en face comme candidat sérieux pour lui disputer le fauteuil du palais de l’Avenue Roume. Il n’est cependant pas exclus que la Providence nous gratifie d’un éclat favorable et d’un candidat probant, sérieux et inattendu. D’ici là, les experts de mauvaise foi ou de mauvais aloi peuvent continuer à nous abreuver d’incongruité juridiques, et de niaiseries intellectuelles comme cette allusion Nzouankeuresque du sous entendu englobé dans l’article 27 qui dit : « La durée du mandat du président de la République est de cinq ans. Nul ne peut exercer deux mandats consécutifs. » Jacques Mariel Nzouankeu (Droit Cons es qualité) nous prend aussi pour des cons du droit, et nous dit que la deuxième phrase sous entend deux mandats consécutifs de 5 ans. Moi j’entends clairement y compris si on a fait un premier mandat de 7 ans découlant de la norme d’une loi ancienne (ici constitution de 2012). Et tous les sénégalais peuvent entendre ça sans trop de soucis. Compte non tenu de quelques experts à l’esprit tordu, malsain et débridé, souvent volontairement polémistes et rambadj. Sur ce coup même les opposants désormais voués à l’opposition à vie comme Diop Decroix ou Birahim SECK refusent pour le moment d’emboucher cette trompette. Ce type de prospectives sataniques ne prospèrent en aucune façon, elles sont aussi viles et contre productives que la plaidoirie du désespoir que nous sert en rengaine récurrente, mon ami Sidy FALL MSU, qui a fini de se complaire dans une désespérance de cause continuelle.

Au pays de Ndiadiane Ndiaye, de Lat Dior et de Sakhéwar Fatma, tout est toujours possible, il faut désormais compter avec les échos venus de toutes les contrées du Sénégal pour se faire une raison sous le bien fondé des choses. Il faut écouter la clameur des Tounds du Cayor,du Baol, du Sine, du Saloum, du Walo, du Ndiambour, du Pakao, du thiolom Gandiol, du Fogni, du Fouladou, du Boundou, du Diander, mais aussi désormais du Dahomey voisin. Téranga et copinage ont ceci de commun : Ndama Nguici, Gathié Nguici ! Oui on peut y tirer de la gloire comme de la honte.

Pape SARR Nantes

Duc de Diapal

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