Mourate Ngack n’est plus un joueur à présenter à Linguère. Passé par Asc Yakaar et Dekeundo, le neveu de Djiby Ndao, coach de Marbath a convaincu tous les férus du ballon rond de la ville. Célèbre au niveau des Navétane, l’attaquant commence également à se faire un nom dans la Nationale 1 Sénégalaise. Deuxième meilleur buteur de la saison passée avec le Walidan de Thiès, le natif de Linguère a failli décrocher un contrat professionnel en France. Mais à cause d’un agent malhonnête, les rêves du joueur se sont envolés. Dans cet entretien réalisé chez Djiby Ndao, Mourate Ngach explique ce qui a capoté son transfert en France. Il a aussi revenu sur son parcours dans les Navétanes tout en révélant ses ambitions.

Entretien

Pour débuter, pouvez-vous vous présenter aux internautes de TerrainAfrik ?

Je m’appelle Mourate Ngack. Je suis né et grandi à Linguère. J’ai opté le football comme mon métier et je pratique ce sport depuis mon jeune âge. Voilà en somme qui est Mourate Ngack.

Depuis quand Mourate a débuté de jouer au football ?

Je peux dire que j’ai débuté de jouer au football depuis le bas âge. Je jouais, en petit camp, avec mes amis dans le quartier. Et c’est à partir de là, que les gens ont commencé à m’encourager à faire le football comme métier. Ils disaient que j’avais le talent et que je pouvais réussir là-dessus. Depuis lors, je suis leur conseil et je ne le regrette pas.

Dans quelle équipe avez-vous débuté votre carrière ?

J’ai débuté ma carrière à Linguère, à l’Asc Marbath dans la catégorie des minimes. Après marbath, j’ai rejoint Asc Yakaar en tant que minime. Deux ans plus tard, j’ai rejoint les cadets de Yakaar avant de monter dans l’équipe senior. Après Yakaar, Dekeundo m’a recruté. Voici mon parcours à Linguère, jusqu’ici.

Vous vous êtes révélé avec Yakaar. Pouvez-vous revenir sur votre passage dans cette Asc ?

Je suis un fils de Yakaar. Ma mère est issue de ce quartier, mes amis également. D’ailleurs, ce sont mes copains, notamment Amadou Ndiaye, qui m’ont convaincu de porter les couleurs de cette équipe. Je n’ai pas regretté ce choix puisque j’ai remporté des trophées avec eux. Et beaucoup de gens m’ont connu grâce à Yakaar.

Pourquoi donc, vous avez quitté Yakaar au profit de Dekeundo ?

Je n’avais plus rien à prouver à Yakaar. Donc, il me fallait de nouveaux défis. C’est la raison pour laquelle j’ai quitté Yakaar.

Comment les supports de Yakaar ont accueilli cette nouvelle ?

Pour dire vrai, c’était un peu compliqué. Changer d’Asc n’est jamais facile surtout à Linguère. Les choses deviennent plus difficiles quand ont rejoint l’équipe rivale. La difficulté était plus sentie au niveau des jeunes supporters. Ces derniers ne pouvaient pas comprendre que je quitte leur club. Ils me jetaient des cailloux et me lançaient souvent des attaques verbales. La seule chose que je regrette dans ce transfert, c’est d’avoir quitté ces jeunes supports en question.

Qui est-ce qui vous a poussé à rejoindre Dekeundo ?

 C’est le président de Dekeundo Mor Thiam, qui m’a contacté. Il m’a parlé de son projet qui m’a plu. À mon arrivée à Dekeundo, tout le monde a constaté que le niveau était plus relevé, les ambitions de l’Asc ont été revues à la hausse. Dekeundo existe depuis trois ans seulement et elle a déjà remporté tous les trophées.

La rencontre Yakaar-Dekeundo est un derby de quartier. Comment appréhendez-vous ce match ?

J’ai l’habitude de jouer les derbys. Même en championnat, je joue des matchs derby. J’aborde cette rencontre avec un esprit tranquille. C’est un match spécial certes, mais il reste dans le cadre du sport. Je prépare les joutes avec sérieux, comme je prépare toutes les rencontres d’ailleurs.

Dekeundo va jouer les régionales. Comment comptez-vous aborder cette compétition ?

C’est une grande compétition. Et Dekeundo ne viendra pas pour jouer les seconds rôles. Nous serons là pour remporter le trophée. Rien ne sera négligé et nous tendons la main à toute la population de Linguère. Qu’elle nous soutienne et prie pour nous. Qu’elle nous pousse pour qu’on ramène le trophée à Linguère. Mandem est le dernier à remporter cette coupe dans la ville, nous sommes prêts à rééditer cet exploit comme nous l’avions fait à Dahra durant la finale départementale.

J’ai réalisé un entretien avec le coach de Dekeundo, Sidy Diakhaté. Il a soutenu que votre équipe était disciplinée et travailleuse. D’où les résultats obtenus. Comment trouvez-vous l’homme ?

Sidy Diakhaté que je salue au passage, je l’ai côtoyé à Yakaar. On était ensemble durant deux ou trois ans là-bas. Donc, je le connais bien. C’est un grand coach, et je prie pour qu’il atteigne tous ses objectifs. À son arrivée à Dekeundo, il nous a fait comprendre que seul le talent ne suffisait pas. Que seules les performances aux entraînements garantissaient une place de titulaire. Dekeundo, dans sa majeure partie, est composée des joueurs qui jouent le championnat, on s’entraîne matin et soir. En plus cela, nous sommes dans de bonnes conditions. Le président a loué une maison entièrement équipée pour nous loger. On mange et boit le thé ensemble et cela se répercute sur le terrain. C’est ce qui explique notre entente sur la pelouse.

On sort le cadre du navétane pour parler du championnat. Mourate Ngack joue dans quel club actuellement ?

Je défends actuellement les couleurs de Walidan de Thiès. Nous compétissons dans la division régionale.

Vous n’avez jamais joué pour Asc Djolof ?

Si, mais je n’ai pas duré là-bas. J’ai porté qu’une seule fois le maillot de l’Asc Djolof. J’étais élève au Lycée Alboury Ndiaye et les dirigeants avaient un problème de joueurs durant cette rencontre. Ils m’ont convaincu de jouer ce match et c’était le seul d’ailleurs.

Comment vous avez fait pour rejoindre Walidan ?

J’ai rejoint Walidan grâce à Momar Thioune qui était mon coach à l’Asc Dahra. On était ensemble à Dahra, on a joué la Ligue 2 avant de descendre en Nationale 1. C’est d’ailleurs lui qui m’avait confié le capitanat au niveau de Dahra. Momar Thioune est conscient de mes qualités puisqu’il m’avait positionné en attaque et j’étais le meilleur buteur du club et deuxième meilleur buteur du championnat. Après la descente de Dahra, il a quitté le club, pour rejoindre Asc Walidan. C’est à la suite de cela qu’il m’a proposé aux dirigeants de Walidan qui n’ont pas hésité à me faire venir à Thiès.

Vous êtes lié à Walidan par un contrat ou bien ?

La Nationale 1 est une compétition non-professionnelle. Les joueurs ne sont pas souvent liés avec les clubs par des contrats. Ce sont généralement des accords verbaux qui nous lient. La Nationale 1 est une vitrine pour accéder au niveau supérieur. C’est pourquoi, nous ne privilégions pas l’argent. J’ai accepté de jouer pour eux parce que je suis conscient que beaucoup d’opportunités peuvent s’offrir à mois à partir de là-bas. Evoquer Walidan, c’est nommer la famille Sarr notamment Sidate Sarr (coach Gorée) et Sidy Sarr (Reims, France), c’est eux qui endossent l’équipe.

Quelle était la position de Walidan avant l’arrêt des champions ?

Le début du champion était un peu difficile pour Walidan. Parce qu’on alternait les victoires et les défaites. Mais par la suite, on a commencé à monter en puissance et remporter nos matchs à l’extérieur. Avant l’arrêt des championnats, on a réussi à se hisser à la 5e place à 6 points du premier.

Cela fait quelques mois que vous ne jouez pas. C’est quoi vos rapports avec les dirigeants de Walidan en cette période de la covid-19 ?

Ils m’appellent chaque jour que Dieu fait. Je viens de finir mes entraînements, mais j’ai trouvé sur mon portable des appels en absence venants d’eux. L’adjoint du coach m’appelle très souvent et me donne des conseils tout le temps. Il me pousse à poursuivre mes entraînements, mais également de bien me reposer malgré la covid-19.

Tu as évoqué tout à l’heure Asc Dahra. Pouvez-vous revenir sur votre expérience avec cette équipe ?

Mon expérience avec Dahra était riche parce que je ne connaissais pas le niveau du championnat auparavant. Asc Dahra était en Ligue 2 à l’époque et sous les épaules du coach Matar Wade. J’ai trouvé là-bas mes grands notamment, Sidy Bâ, Darou gauché et Sellé. Ils m’ont bien accueilli tout en me couvant. On a vécu ensemble et j’ai ainsi gagné de l’expérience en répétant les matchs. J’ai fait trois à Dahra, j’ai porté le capitanat de l’équipe grâce à ma persévérance.

C’est quoi l’ambition de Mourate Ngack dans le football ?

Comme tous les joueurs, mon ambition est de jouer au haut niveau. Qu’on nous entende là où évolue les grands joueurs du monde.

Avez-vous une fois eu une proposition pour voyager en Europe ?

Oui. La saison passée, j’avais une opportunité de rejoindre un club de la Nationale 1 Française. Mais malheureusement, j’avais affaire à un agent malhonnête qui tout fait foiré. Tous mes papiers étaient réunis, l’invitation était sur place ainsi que mon visa. Mais l’agent voulait s’enrichir sur le dos de Walidan et a ainsi fait capoter ce transfert.

Quel était le club qui voulait vous recruter ?

C’est le Stade Lavallois qui voulait me recruter, mais je peux dire que les choses se sont gâtées à cause de l’agent qui gérait l’affaire. Mais je mets tout cela dans les mains de Dieu. Je me suis dit que ce n’était pas encore mon heure.

Mourate est un attaquant. Quel joueur est votre source d’inspiration ?

Mon idole est Steven Gerrad, l’ancien joueur de Liverpool. Même ici, les gens m’appellent Ger, diminutif de Gerrad. Mais comme je suis un attaquant, je m’inspire de Pierre Emerick-Aubameyang (Gabon. Arsenal). Je regarde ses matchs pour répéter la même chose à l’occasion de mes matchs.

Quel est votre club de rêve ?

Mon club de rêve est Saint-Etienne, les Vert. J’aime ce club depuis que je suis un gamin.

 Les footballeurs pratiquent souvent le mystique, Mourate a-t-il déjà confronté à des faits pareils ?

Oui. Je me souviens lorsque je jouais pour UGB, on a une fois volé mon maillot la veille d’un match. C’est ce maillot que je devais porter le jour de la rencontre, mais je l’ai perdu comme ça. Mais j’ai compris que la concurrence est difficile et il faut s’attendre à tout.

Donc vous avez passé à l’UGB ?

Oui, j’ai joué pour l’UGB. C’était en 2018, mais je n’ai pas terminé la saison à cause d’une blessure. C’est après cette expérience de l’UGB que j’ai rejoint Walidan.

Quels seraient les bons souvenirs de Mourate jusqu’ici ?

Les bons souvenirs ? Je garde toujours en mémoire les performances de ma saison passée. C’est durant le mercato que j’ai rejoint Walidan, mais après 13 journées, j’ai inscrit 9 buts. Cela m’a permis d’être le meilleur buteur du club et deuxième meilleur canonnier du championnat.

Votre dernier mot…

Je remercie tout le monde. Je vous remercie de m’avoir offert cette opportunité. Je remercie aussi tous les membres de ma famille. J’adresse mes vifs remerciements à mon tonton Djiby Ndao, coach Marbath. Depuis que je suis jeune, il m’aide et me prodigue des conseils sans cesse. 

Réalisé par Assane Walo Gueye

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