MĂ©moire du Djoloff – Qui Ă©tait Baye Gadji?

De son vrai nom El Hadji Momar Rokhy Gadji, Baye Gadji,né en 1911, est issu d’une famille réputée religieuse. Ses parents ainsi que ses grands parents étaient des musulmans et d’obédience tidiane. Son père Alpha avait reçu l’idiaza de la maison de wouromadiyou(thienaba) et était le fils de Mame Mbacke qui ne cessait de renouveler l’importance de l’apprentissage du coran. Sa mère Rokhy Maty Coundoul était la fille de Birame Ndieme Coundoul père de Mbow Coundoul qui fut le père d’Issa Maréme, Khaly Anta, Séga Coundoul.

Comme tout jeune garçon de son âge, son père lui ordonna d’aller travailler dans les champs (yorolo) c’est la où il entendit une voix lui dire: Momar tu es là mais la fayda se dirige vers le FOUTA. Il regarda autour de lui  écouta bien, fit des va et viens mais il ne verra pas une âme qui vive encore moins entendre quelque chose. Apres le travail terminé, il rentra à la maison pour raconter son aventure à son père qui lui signifia que:momar
A la mort de son père IL a voulu quitter la maison paternelle à la quête du savoir. Ce  que ne partagent pas certains de ses frères comme AMADOU MATAR l’homonyme de Serigne Dame Gaddi qui lui sermonna de rester auprès de ses  frères. A l’époque des foyers religieuses rayonnaient dans le djoloff on peut citer la cite de MBELEUKHE avec EL HADJI DAOUDA DIA ,MBOULA avec ABDOU NDIEME  NGAYENNE avec AMATH DIAMA GAYE,LINGUERE avec SERIGNE MOMAR MBENGUE qui fut homonyme de son fils aine. Il décida de rester avec ce dernier a Linguère pour pouvoir veiller sur l’héritage que lui a laissé ses parents et grands parents

Baye gadji a l'école de Serigne momar mbengue

Comme le souhaitait son frère AMADOU MATAR, El Hadji Mor fréquenta Serigne momar Mbengue avec d'autres jeunes à la quête du savoir mais il se distingua de par son dévouement, son savoir vivre et son esprit de gestion de groupe. Quand le marabout est allé à la Mecque, El hadji mor avec Mame Abdou Diangane Mangane ;Mame Samba Bineta collectaient des fagots et des tiges de mil de roseaux pour clôturer toute la maison ce qui avait beaucoup plu au Cheikh a son retour de la Mecque. Serigne MOR MBENGUE très content de lui et lui dit "El hadji mor tu as clôturé ma maison. qu'Allah te protège et te récompense d'une palissade que les animaux ne pourront détruire". El hadji mor très encouragé par les parole du cheikh et remarqua qu'un pas venait d'être franchi. Il voulait encore émerveiller son Marabout par le travail, cette fois il voulait se rendre au Saloum toujours à la quête du savoir mais aussi et surtout pour soutenir son Marabout financièrement. Serigne Mor lui donna quelques talibés. Il s'agit de Kaba thiam, Ibra Diakhou Lecor, Amadou Dieye Sall, Matar Mbengue, Ousmane Ndiaye. El Hadji Mor avait dans sa délégation de ses propres talibés à savoir Amadou Madjiguene(actuel chef du village), Baba codou, Abdou Ndousse, Ada Faty, Mbol Atta, Ablaye Coundoul(frere de Ibra Awa Ndiaye), Baba daga, Ousmane khady, Mamadou Rokhy . EL Hadji Momar et ses talibes quittèrent le Djoloff pour le Saloum. Ils exerçait le métier de vannier  tandis que  ses talibés sillonnaient les rues de Kaolack et des maisons dans lesquelles des gestes de charité étaient accomplis chaque jour. Rappelons-nous que EL Hadji Momar avait entendu une voix lui dire que la fayda se dirigeait vers le fouta et que son père lui avait prédit  que c'était la faydatou ibrahimiya. A Kaolack vivait cheikh IBRAHIMA NIASS, un marabout d'une  vaste connaissance grâce à sa parfaite maitrise du coran et de la sunna mais aussi et surtout de la pédagogie avec la quelle il délivrait ses cours de traduction du coran.

LA RENCONTRE EL HADJI IBRAHIMA ET EL HADJI MOMAR ROKHY GADJI

Très émerveillé par la dimension de El Hadji Ibrahima Niass, Baye Gadji voulait s'entretenir avec Baye . El Hadji AMATH KHOUDIA NDOUR un natif du village établi à kaolack et commerçant de son état a facilité cette rencontre. El hadji Mor reçut le wird des mains de BAYE Niass qui le confia à Serigne Amath Sarr qui  l’initia au WIRD mais il terminera son SAYROU avec CHEIKH BAYE. A sa première rencontre il commença a chanter :

AMNA SAY KOUREL GNO KHAMNE YONENTE LANLA DJIGN MA SAY PREMIERE GUEMLENE SEYDI BARHAM (Parmi tes compagnons certains te prennent comme le prophète je suis le premier  croyez en SIDY BARHAM)

KHAAF WAL KHOUR  ANE MODI NDAYOU DOTHYI NOUN MODI MAAMOU DIEUNYI ALIF LAAM MIIM  MODI SEEN BAYE SEDI BARHAMA (Khaaf est la mère des pierres, NOUN est la grand-mère des poissons, ALIF LAAM MIIM est leur pere et CHEKH BAYE de l'arrêter DOFF tais toi.

 El Hadji Mor voulait rester auprès de Baye et ne jamais retourner au village natal. Il se confia à Serigne Aliou Cissé qui le convainc de retourner dans le Djoloff où il pourra aider ses parents à s'abreuver  à la faydatou Ibrahimiya.On n'a pas besoin de bougie en plein jour. En retournant au village, le cheikh lui dit de ne pas critiquer  ses voisins mais de négocier avec  eux jusqu'a ce qu'ils adhérent au mouvement

RETOUR DE EL HADJI MOR AU DJOLOFF

A son retour au Djoloff  il avait collecté beaucoup de vivres: du mil du riz et d'autres condiments pour Serigne Mor mbengue parce que ce dernier l'avait encouragé à son voyage sur Kaolack. Cest pourquoi tout ce les talibets de Serigne Mor avaient été mis à part pour ce derniers. En dehors de ces vivres, il avait lui l’autorisation de donner  le wird. Il reçut le soutien des grands dignitaires du village parmi lesquels Mame Ada Kadiata, Mame Sega Coundoul, Mame Demba Maty, Mame Samba Binta, MameSamba Nosso, Amadou Mbaye Coundoul. On raconte qu'au premier GAMOU en 1958 de El hadji mor à Nguith Mame Ada Kadiata avait donné un bœuf qu'on avait immolé et distribué dans tout le village.
Le premier à prendre  le WIRD fut EL HADJI MAMADOU ROKHY GADJI son frère qui dit avoir vu BAYE en rêve lui dire de demander le WIRD A El Hadji Momar. La première femme à rejoindre le mouvement fut Mame Khady Maty Coundoul, la mère de Mame Ousmane Khady Gadji  père de Abdou Sane Gadji .Après l’adhésion de El Hadji Mamadou Rokhy, la vague des jeunes ne cesse d’adhérer à ce mouvement. Ses femmes ses frères, en fait tous ses parents ont accepté de se soumettre à lui et de travailler pour la réussite de la faydatou ibrahimiya .

Baye Gadji fut rappelé à Dieu en 1993.


Sources:
Amadou Madjiguene Coundoul chef du village de Nguith
Moda Coundoul Imam de la mosquée de Nguith
Rédacteurs:
Abdou Gadji  professeur d’anglais  au  lycée Alboury Ndiaye de Linguère
Babacar Ndiaye professeur math & physique chimie  au c e m de Nguith

La RĂ©daction

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