Le problème de l’emploi constitue de nos jours l’une des préoccupations les plus partagées dans le monde, aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement. Parmi les enjeux économiques du moment au Sénégal, l’emploi figure en bonne place. Il se positionne au cœur du système étatique. Le chômage au sens du bureau international du travail regroupe la population sans emploi à la recherche d’un emploi définie par les critères déjà évoqués (non occupation, recherche effective et disponibilité) et les personnes ayant trouvé un emploi qui commencera plus tard. La question de l’emploi a été au cœur des programmes d’ajustement structurel appliqué par le Sénégal au cours des années 80 et 90. Elle demeure encore aujourd’hui, l’une des préoccupations majeures des responsables de la politique économique avec l’élaboration de la nouvelle politique de l’emploi. Quelles sont les politiques de lutte contre le chômage au Sénégal? Depuis l’indépendance du pays, plusieurs régimes se sont succédés avec chacun ses mécanismes de lutte contre le fléau. La question de l’Emploi reste, encore aujourd’hui, une préoccupation centrale des pouvoirs publics au Sénégal. En effet, depuis 2000 à nos jours, les autorités prennent des mesures volontaristes de lutte contre le chômage et le sous-emploi.

Avec le nouveau régime, une voie de solutions et des politiques économiques sont mises en œuvre pour lutter contre ce fléau au Sénégal. Par exemple la stimulation de la création d’emploi, l’encouragement de l’initiative privée, la restructuration du secteur informel entre autres.

STIMULATION DE LA CREATION D’EMPLOI

L’Etat multiplie les initiatives de lutte contre le chômage. Le nombre d’institutions publiques créées et mandatées pour la promotion de l’emploi est important.

Elles sont entre autres le Fonds national pour la promotion de la jeunesse (Fnpj), l’Agence nationale pour l’emploi des jeunes (Anej), l’Agence pour l’emploi des jeunes des banlieues (Ajeeb), l’Agence national pour l’appui des marchands ambulants (Anama), l’Agence pour la promotion des grands travaux du chef de l’Etat (Apix)  etc. Ceci, dans l’optique d’améliorer l’environnement des affaires et d’accroître les opportunités d’accès à l’emploi pour un plus grand nombre.
Cependant, leur impact a été fortement réduit par le rythme encore élevé de la croissance démographique, l’exode rural augmentant, de facto, les tensions sur le marché du travail.

Pour rationaliser les dépenses budgétaires et permettre de mettre en cohérence les politiques publiques l’Etat du Sénégal a regroupé les quatre agences (ANEJ, FNPJ, AJEEB, ANAMA) en charge de l’emploi des jeunes en une seule. Cette rationalisation de ces agences et de nombreuses autres structures et la réduction drastiques des dépenses en téléphones et logement administratifs devraient générer 39 Milliards d’économie budgétaires en 2014. Ces ressources seront investies dans des programmes économiques et sociaux pour créer plus de rentabilité et d’emploi.

Après le recrutement de 9608 agents de l’Etat et l’engagement de 10.000 jeunes volontaires dans l’agence nationale de sécurité de proximité, l’Etat a mis en place le fonds souverain des investissements stratégiques (fonsis), le fonds de garantie  des investissements prioritaires (fongip) et la banque nationale de développement économique (bnde). Ce dispositif de soutien à l’emploi et d’accompagnement des grands projets structurants  ainsi que des PME (petites et moyennes entreprises) PMI (petites et moyennes industries) notamment des groupements d’artisans de jeunes et de femmes sera pleinement opérationnel en 2014.

Le secteur privé national n’est pas à négliger dans le combat du chômage et la réalisation des projets de développement. C’est la raison pour laquelle le Président Macky SALL salue l’engagement aux côtés de l’Etat le secteur privé national.  Dans la lutte contre le chômage, l’expertise et la main d’œuvre sénégalaise  étant sollicitée à l’extérieur d’importants accords de partenariat sont signés pour l’emploi de travailleurs sénégalais.

L’audit de la fonction publique engagé pourrait révéler à la fin beaucoup d’agents non identifiés. Si les nécessités de services le justifient les postes ainsi libérés seront ouverts aux recrutements.

Dans la lutte contre le chômage et le sous-emploi, l’Etat du Sénégal mise beaucoup sur l’agriculture et l’élevage avec l’accompagnement considérable de ces deux secteurs. Ainsi un plan quinquennal de 300 forages est mis en œuvre et des domaines agricoles communautaires dédiés aux jeunes. Ce projet des jeunes visent à faire l’agriculture au Sénégal le premier secteur pourvoyeurs d’emplois.

Toujours dans le cadre de lutte contre le chômage au Sénégal, la Banque africaine de développement (BAD) a décidé d’accorder au pays un prêt de 18 milliards de francs CFA destiné au Projet d’appui à la promotion de l’emploi des jeunes et des femmes (PAPEJF) dont le financement inclut une contrepartie nationale arrêtée à 2,5 milliards de francs CFA, a appris l’Agence de Presse Sénégalaise de source officielle. Selon un communiqué reçu de ce département, le Projet d’appui à la promotion de l’emploi des jeunes et des femmes (PAPEJF) « s’inscrit dans le cadre des stratégies de création d’emplois en faveur des jeunes et des femmes, définies par le président de la République », Macky Sall. « Il permettra de créer au moins 15 000 emplois durables et décents en milieu rural et périurbain, dont 60% de jeunes garçons et filles et 40% de femmes, mais aussi, de renforcer les capacités techniques et managériales de 17 000 promoteurs », lit-on dans ce communiqué.

Il explique que ce projet permettra au Sénégal de se doter d’un système national de gestion du marché de l’emploi avec des statistiques en temps réel sur la demande et l’offre. Selon la même source, « le PAPEJF n’est pas pris en compte dans le cadre de coopération entre la BAD et le gouvernement du Sénégal. C’est sur la demande expresse du chef de l’Etat, Macky Sall, que le président de la BAD a accepté lors de sa visite officielle au Sénégal en septembre 2012, de réorienter des ressources financières vers l’emploi des jeunes et des femmes ».

Pour définir un nouveau cadre d’orientation et d’actions afin de mieux articuler la stratégie nationale de croissance et de réduction de la pauvreté, le Président Sénégalais accentue son programme surtout sur les jeunes, les femmes et le monde rural. Ceci même est le point phare de son programme dénommé yonnu yokuté.

Toujours dans le cadre de lutte contre la pauvreté et le chômage, le Sénégal a mis en place un Plan Sénégal Emergent en février dernier. Ce dernier qui est composé d’un certain nombre de projets structurants est la version accélérée d’un ensemble qui est non moins : le yonnu yokuté, la stratégie nationale de développement économique et social (SNDES), la stratégie de croissance accélérée (SCA). Ceci dans le but de rendre le Sénégal un pays émergent. Ainsi, après les engagements favorables pris par les bailleurs de fonds au Groupe Consultatif de Paris pour le financement du PSE, le régime actuel n’entend plus trainer les pieds pour dérouler les projets et programmes de développement du Sénégal.    

STIMULATION DE LA FORMATION ET DU SYSTEME  EDUCATIF

En dépit des progrès réalisés, le marché du travail formel Sénégalais pourrait fonctionner d’une manière plus efficace en améliorant les qualifications des employés. Le développement des systèmes de formation professionnelle continue comme il est prévu avec le FONDEF (fonds national pour le développement de l’éducation et de la formation professionnelle) constitue une option pour rendre efficace le marché du travail.

Dans le cadre du renforcement de la formation, le gouvernement du Sénégal a engagé des réformes sur l’enseignement supérieur et envisage de construire de nouvelles universités. C’est le cas des universités du Sine-Saloum à vocation agricole en incluant les métiers connexes (production végétale, agronomie, production animale, élevage, aquaculture, technologies agro-alimentaires, l’hydraulique rurale etc) qui va polariser quatre régions que sont Kaolack, Fatick, Kaffrine et Diourbel, du Sénégal oriental dont la formation sera orientée vers l’exploitation minière, de la deuxième université de Dakar qui sera une université des sciences, de technologie, des métiers, des TIC, des sciences de gestion et des sciences sociales. En plus de ces universités physiques, il y’aura une université virtuelle du Sénégal. A côté de cette formation, les emplois directs comme indirects qui gravitent autour de toutes ces infrastructures sont énormes et non négligeable pour un pays comme le Sénégal.

ENCOURAGEMENT DE L’INITIATIVE PRIVEE

Dans un contexte économique difficile, caractérisé par une récession économique mondiale, une internationalisation des marchés et une demande fulgurante, le développement de l’initiative privée reste une alternative à un développement socio-économique équilibré et soutenable.

Au Sénégal, l’Etat est en train de mettre en place un ensemble de dispositifs institutionnels devant renforcer la viabilité de l’environnement économique national.

La densification du secteur privée, par la création et le soutien de micro-entreprises et des PME est définie comme une sur-priorité. A ce titre, des dispositions spéciales ont été prises pour encourager l’initiative privée
Des programmes nationaux de création et de promotion de PME ont été institués par la mise en place de plusieurs fonds de création (FNE). Afin d’accompagner et d’encadrer les promoteurs économiques, L’ADEPME, pépinière de ce dispositif, a conçu ce guide du « créateur d’entreprise ».

Ce document contient toutes les informations utiles à la création d’entreprise au Sénégal.

RESTRUCTURATION DU SECTEUR INFORMEL

Ces dernières années, les emplois formels stagnent au profit du secteur informel qui est estimé fournir entre 80% et 95% des emplois occupés, notamment les emplois nouveaux. C’est pour dire le rôle important que joue le secteur informel au Sénégal.
L’impact socio-économique du « secteur informel » présente des caractéristiques précises. Tout d’abord, l’entreprise informelle sénégalaise est principalement située en milieu urbain. Ses activités concernent ensuite aussi bien les branches de l’industrie que les services et le commerce. Enfin, le rôle économique de l’entreprise informelle se traduit en termes d’emplois, de revenus, de formation professionnelle et de création de biens de consommation. C’est dans ce cadre que l’ANAMA avait été créée pour accompagner les marchands ambulants qui évoluent dans le secteur informel. Ce dernier est important et non négligeable dans la mesure où il génère beaucoup d’emplois.

LES LIMITES DES POLITIQUES DE LUTTE CONTRE LE CHOMAGE

Les programmes de la Nouvelle politique nationale de l’emploi (Npne), validée en 2010 et couvrant la période 2011-2015, était censés créer 675 mille emplois. A deux ans du terme, on ignore encore le nombre d’emplois déjà créés avec cette Nouvelle Politique nationale de l’emploi. Le manque d’informations sur le marché de l’emploi était un constat unanimement partagé. Avec le nouveau régime tout cela commence à être corrigé.

Dans le dispositif de création d’emploi, l’Agence nationale pour l’emploi des jeunes (Anej), installée depuis 2001, est l’une des structures phares, mais ne dispose d’aucune plateforme numérique pouvant donner des indications utiles et facilement accessibles aux demandeurs d’emplois (une raison de sa suppression par le nouveau régime). Or, le marché de l’emploi tourne essentiellement autour de l’information.

Les emplois à offrir à la jeunesse du Sénégal sont à  rechercher dans la maîtrise des espaces économiques de nos Communes et communautés rurales ; dans la satisfaction de façon générale, en biens et services, des demandes diverses de proximité de nos populations ! Il y’a plusieurs pistes et directions à explorer courageusement. La plus grande niche d’emplois n’est pas dans la nature, elle est dans le projet personnel d’insertion économique de chaque sénégalais. Les  emplois à créer sont dans la réorganisation de la façon dont nous exerçons nos activités économiques et dans l’amélioration de notre culture d’entreprise, dans l’assistance et l’accompagnement que nous fournissons à nos acteurs économiques. Il est temps d’inviter les Sénégalais à entreprendre massivement dans des domaines à forte valeur ajoutée, en dehors de la commande publique (marchés ou contrats de l’Etat). C’est le prix à payer pour créer une masse critique de PME et de PMI, capable d’embaucher et de conquérir des marchés locaux, régionaux et internationaux. Dès lors, le changement de mentalités est devenu une nécessité au même titre que l’application stricte des principes de bonne gouvernance. Donc le Sénégal semble être dans la bonne voie.

                                                                                                     

Moussa SOW
Apprenti économiste
Master UCAD
sowmoussa51@gmail.com

Un commentaire

  1. Comme suggestions notez qu’en lisant on sent bien que c’est un partisan du président qui parle. Et pour luttez le chômage au Sénégal les moyens disponibles sont bons mais il serait mieux d’inclure la population sans exception pour pouvoir bien attendre à des résultats plus fructueux. On voit dans votre discours la faible, l’inefficacité et surtout l’accessibilité des financements des jeunes développeurs de projets. Aussi le suivi et la transition entre les programmes et plans d’action rendent ces politiques vouer à l’échec.
    In facto le chômage ne peut être éradiqué comme la pauvreté sans une inclusion totale de toute lesvpersonnes. La population surtout rurale doit être informée et comme la dit un célèbre économiste lutter contre le chômage n’est rien d’autre qu’apprendre au chômeur à produire et à transformer cette reproduction. Lutter contre le chomage ne signifie pas lister les objectifs et les moyens mis en place mais l’importance serait accès sur les mécanisme, les objectifs visés et surtout le suivi et la continuité pour chaque période de transition.
    Merci

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