Le président Barack Obama arrive au Sénégal ce soir à 19h. Selon Le Quotidien, il va annoncer un projet énergétique d’une grande ampleur pour aider le continent à résorber son déficit permanent en énergie. Mais, l’ironie, comme le relève le journal, le Sénégal n’est pas concerné par ce projet, malgré l’exaltation de sa démocratie et sa stabilité politique.

L’Initiative africaine de développement énergétique. Malheureusement, pour ce qui semble devoir être le plus important des cadeaux de Barack Obama aux Africains, le Sénégal a été tout simplement «omis», pourrait-on dire. L’homme d’Etat américain veut en effet saisir l’opportunité de la visite qu’il effectue dans les trois différents pays d’Afrique, pour annoncer la volonté de son pays de financer des projets structurants en matière de développement électrique. Dénom­mé African Power Initiative, ce projet vise à terme, de permettre aux différents pays de sortir des affres du déficit de production en matière d’électricité, et surtout, des difficultés d’accès.

Le postulat de base de Barack Obama est que, comme dans le do­maine agricole, l’un des plus grands freins au développement du contient africain, est son faible accès à l’électricité. D’ailleurs, bien des études, même de la Banque mondiale, ont démontré que cette faible capacité d’accès à l’électricité, ralentit fortement le développement du Conti­nent. Et malheureusement, le mal frappe tous les pays au sud du Sahara, sans exception. On sait par exemple que c’est un peu tard que les Sud-Africains se sont réveillés pour  commencer à financer des centrales électriques, pour mettre leur production d’énergie à la hauteur de leur croissance économique.

Le Sénégal «oublié» ?
Pour en revenir à Obama, les premiers bénéficiaires de son Initiative sont connus. Il s’agit du Ghana, du Nigéria, de la Tanzanie, du Kenya, de l’Ethiopie et du Liberia. Parmi les critères qui leur ont permis d’être sélectionnés, il y aurait, entre autres, l’ouverture démocratique, le respect des principes de bonne gouvernance politique et économique, l’encouragement de l’initiative privée dans le domaine économique, sans oublier la proximité avec le pays de l’Oncle… Barack, même si on ne le dit pas officiellement.

Néanmoins, beaucoup de spécialistes sénégalais des questions d’énergie, interrogés sur ce projet de Barack Obama, n’ont pas caché leur incompréhension. Pour eux, le pays de la Téranga remplit les conditions aussi bien que n’importe quel autre des pays retenus. Et en matière de développement et du dynamisme du secteur privé par exemple, certains font remarquer que l’on peut difficilement convaincre que le Libéria ou la Tanzanie soient plus avancés que le Sénégal sur ce point. «Ou alors, l’administration américaine a-t-elle juste voulu privilégier la proximité de la langue, en écartant des pays qui n’étaient pas anglophones ?», s’interrogent les personnes contactées.

Car s’il ne s’agit que de besoin de financement dans le domaine de l’énergie, le Sénégal n’en a pas moins besoin que les autres. Et pour le jour où l’on prendra des pays francophones dans le projet, le pouvoir de Macky Sall saura se positionner, lui qui a chaque fois été le premier pays africain éligible, aussi bien pour l’Agoa que pour le Mca.

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