L’Afrique est un Continent potentiellement riche, riche en ressources naturelles et humaines, riche de sa grande diversité géographique, sociale et culturelle, riche enfin de sa longue histoire. Cette belle carte postale laisse transparaitre, quelques fois, une réalité triste quant à la gestion des affaires de la cité, de l’administration publique et du pouvoir politique par les africains eux-mêmes.

Héritière d’une longue tradition féodale et/ou monarchique, l’Afrique a toujours du mal à se départager de cette conception paléolithique du pouvoir. Les hommes qui exercent le pouvoir politique sont vus comme des demi-dieux sur terre. Ce qui leur donne des pouvoirs largement au-delà que ceux prévus par les textes fondamentaux des Etats. Cette approche du pouvoir et de gestion des institutions de l’Etat les amènent à étaler leurs tentacules, un peu partout, sur tous les maillons du tissu économique des pauvres Etats africains, des cercles d’influence des Républiques et des grands leaders d’opinions tout en occupant directement ou indirectement toutes les positions stratégiques de l’Etat, du Gouvernement et de l’Administration.

Depuis les indépendances intervenues pour la plupart dans les années 1960, beaucoup de ces pays ont souvent été confronté à des difficultés majeures : sécheresses et famines récurrentes, dictatures, coups d’état, irrédentisme et depuis quelques années un islamisme jihadiste avec l’arrivée d’Al-Qaïda au Maghreb islamique. Cette instabilité chronique et la crise actuelle dans la zone ont de multiples causes, anciennes ou récentes.

La montée en puissance de l’islamise jihadiste croise l’avancée des excursions meurtrières du mouvement islamique Boko Haram depuis son gît du Nigéria. A ces escalades de violences suivies de meurtres viennent se greffer d’autres problèmes de stabilité institutionnelle des Etats déjà en lambeaux parce qu’incapable d’assurer la moindre sécurité à leurs populations.

En voilà de la plus triste des manières, une situation qui ne fait que des révoltés dans toutes les grandes villes africaines. Les peuples bouillonnent de rage, d’amertume et de crainte pour leur avenir, mais également et surtout celui des générations futures.

Le désespoir est une source de révolte pour toutes les nations. C’est là où se trouve les raisons profondes de l’installation de l’insécurité dans la sous-région ouest-africaine, avec un démantèlement de la structure administrative et fonctionnelle des Etats.

Paradoxe des plus complexes, les jeunesses africaines s’en pressent toujours à indexer l’autre, c’est-à-dire l’occident de tous ses maux et manquements.

Qu’est-ce qui est arrivé au Contient africain ? On semblait avoir endigué le mal au lendemain de la Conférence de Bole, au cours de laquelle les partenaires économiques conditionnaient l’accompagnement du Continent à sa démocratisation. Faut-il le rappeler, cette période a été l’une des plus sombres de l’Afrique avec son lot de putsch qui ramène indélicatement les militaires à la tête des Etats de manière graduelle comme quoi ils s’étaient passé le mot.

Bons rares nombre de pays d’Afrique subsaharienne à avoir porté ces vingt dernières années le titre de « bon élève » pour leur développement démocratique se sont effondrés sur eux-mêmes. La violence avec laquelle la situation s’est dégradée en quelques mois est inédite et ne laisse d’étonner. Que ce soit dans les régions du Sahara ou à Bamako, la Guinée ou le Burkina la force avec laquelle le pouvoir central a été balayé de la scène politique inquiète tout observateur de la scène politique du Contient africain. Comment en est-on arrivé là ?

Inéluctablement, il sera difficile de répondre à cette interrogation lorsqu’on voit beaucoup de gens à travers les réseaux sociaux défendre la position de la junte au pouvoir au Mali. Soit on est pour la démocratie, soit on est pour le contraire. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

Je l’avais dit et je suis obligé de me répéter, tout en étant persuadé que je ne partage pas la même position avec bon nombre de jeunes panafricanistes des mêmes sources d’inspiration.

Ce n’est pas en affaiblissant nos organisations communautaires qu’on va bâtir une Afrique forte et unie.

Il faut avoir le courage de choisir entre la démocratie et tout autre système contraire. Pour ma part, le choix est vite fait.

Je suis totalement démocratique et foncièrement républicain d’obédience panafricaine.

Entre deux juntes au pouvoir qui se passent la vedette et une Afrique qui construit une unité, le choix se fait sans appel.

Oui pour une Afrique forte et unie !

Une Afrique des africains !

Amadou THIAM

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