La diplomatie canadienne piétine l’Arabie Saoudite. Et qu’en est-il de ses liens avec l’Afrique et Haïti ? (par Gondiel Ka)

On ne croyait pas qu’une maladresse diplomatique aussi sérieuse puisse arriver à notre gouvernement. Mais les signes précurseurs étaient déjà là depuis le sommet du G7 à Charlevoix et bien avant. Ce gouvernement est en fait déconnecté de la réalité et a perdu tout contact avec les peuples qui lui ont porté au pouvoir. Les gens qui nous gouvernent ressembleraient aux dictateurs qui n’agissent que pour leurs intérêts et leur plaisir. Ils sont comme des enfants égarés. Ils agissent sans réfléchir et sans penser aux conséquences de leurs actes. Cette fois-ci, les réseaux sociaux leurs ont joué un mauvais tour.

 

Les faits

 

A l’origine du problème, un appel du ministère canadien des affaires étrangères à libérer des activistes emprisonnés en Arabie saoudite. Dans son court message, lancé le 3 août sur Twitter, la diplomatie canadienne dit sa « grave préoccupation » quant aux arrestations de militants saoudiens des droits humains. « Nous appelons les autorités saoudiennes à les libérer immédiatement ainsi que tous les autres activistes pacifiques des droits humains », pouvait-on lire. Pour toute réponse, le régime saoudien a annoncé dimanche dernier l’expulsion de l’ambassadeur du Canada à Ryad et de geler toute relation commerciale en réplique aux critiques répétées d’Ottawa sur la répression des militants de droits de l’Homme. De plus, il a donné 24 heures au diplomate canadien pour quitter le pays et rappelle son ambassadeur au Canada pour ‘’consultations’’ dans un soudain durcissement des relations entre les 2 pays. Samar Badawi, la sœur de Raïf Badaoui en prison depuis 6 ans, serait parmi les personnes arrêtées.

On le sait bien, ce pays arabe est confronté à une guerre avec son voisin le Yémen depuis un certain temps et l’issue de ce conflit avec des conséquences désastreuses, est incertaine. De plus, un vent de liberté s’est emparé de sa jeunesse et de sa population en général. Les nouvelles technologies ont passé par là. Ainsi cette monarchie a opéré un changement afin d’accommoder les demandes sociales de plus en plus exigeantes et pressantes. De plus, la gestion du pétrole qui est la principale ressource nationale est devenue un sujet de préoccupation de la société saoudienne qui a soif de liberté et d’ouverture sur le reste du monde. En plus de cette pression intérieure, les organismes de défense des droits de l’Homme ainsi que certains pays occidentaux ne ratent aucune occasion pour rappeler à ce pays du golfe, sa piètre performance au chapitre des droits humains. C’est probablement l’objet du Tweet de la semaine passée, envoyé par la chef de la diplomatie canadienne, Mme Freeland, suite à de nouvelles arrestations de militants pacifistes.

Analyse de la situation après les bêtises diplomatiques du Canada et son isolement

 

Dans la forme, dire que le gouvernement canadien est préoccupé n’a rien de grave et c’est même innocent et il est politiquement correct de le dire. Quant à exiger la libération immédiate de personnes arrêtées, est un langage inacceptable. Car on ne connait pas les raisons qui ont conduit à ces arrestations. Notre diplomatie a simplement supposé que le régime saoudien en est un qui viole les droits humains et par conséquent l’arrestation n’aurait pas dû avoir lieu. Il aurait fallu demander poliment aux autorités de ce pays, des explications dans une formule plus appropriée et dans le respect des règles de leur justice.  Dans le fond, notre pays a confondu vitesse et précipitation et s’est jeté les yeux fermés sur une piste semée d’embuches et impraticable. Le Canada n’a pas le pouvoir et la prérogative d’exiger quelque chose ou de donner des ordres à un autre pays. Seules les Nations-Unies peuvent le faire dans des circonstances bien particulières. Même là, c’est contestable et ceci pourrait ouvrir la voie à un arbitrage judiciaire ou autre. En diplomatie, il existe plusieurs canaux de communication. Mais les Tweets publics sont à proscrire car le destinataire les reçoit en même temps que d’autres pour qui, ils ne sont pas nécessairement destinés. L’envoi d’urgence d’un émissaire ou toute autre forme de contact direct pour s’enquérir de la situation aurait été mieux indiqué.  De plus, dans la culture orientale musulmane, la discrétion et le respect sont des concepts fondamentaux que le Canada n’a pas pu observer en étalant sur la place publique son message de protestation. Ce pays du golfe est très important aux yeux du monde. Non seulement c’est le berceau de l’Islam mais aussi et surtout, ses richesses pétrolières sont distribuées dans beaucoup de pays pour qui elles sont vitales. Malheureusement, certaines puissances occidentales maltraiteraient des pays musulmans, à cause de leur préjugé négative en se permettant d’agir n’importe comment envers eux. Alors qu’ils n’osent pas le faire envers leurs propres alliés. Le Canada s’est bel et bien immiscé dans les affaires intérieures de l’Arabie Saoudite. C’est un cas flagrant d’ingérence comme l’a reconnu la Russie. Notre pays a eu tort et on comprend très bien la vexation sentie par Mohammed Ben Salmane Al-Saoud, le prince hériter.

Des sanctions et de l’isolement comme conséquences des bêtises de la diplomatie canadienne.

Après avoir rappelé son ambassadeur et ses étudiants, l’Arabie saoudite ordonné aux patients saoudiens qui se font soigner dans les hôpitaux canadiens de quitter le pays. Les universités canadiennes dépendent énormément de l’apport des étudiants étrangers, dont les Saoudiens représentent l’un des contingents les plus importants selon la presse locale. Le Royaume a également donné une directive à sa banque centrale et aux régimes de retraite gouvernementaux de vendre tous les actifs canadiens qu’ils ont en leur possession. Elle a décidé d’annuler tous les vols en destination et en provenance de Toronto au Canada. Ces mesures vont surement occasionner des pertes d’emploi même si on minimise les impacts de ces dernières. En occident on ne farce pas avec l’emploi. Tout emploi perdu est de trop. C’est notre gagne-pain et on vit très difficilement sans emploi. La plupart des gens d’ici ont des dettes avec les cartes de crédits, les hypothèques, les voitures et sans compter les charges familiales courantes comme la nourriture ou autres. Sans revenu on est à terre. Les divorces, Les maladies mentales comme la dépression ou autres et le suicide sont souvent les conséquences des pertes de revenu d’emploi.

Aussi, aucun pays n’a voulu suivre le nôtre dans son aventurisme diplomatique. Les États-Unis et l’union européenne, n’ont voulu s’en mêler. Surtout le pays de l’oncle Sam nous a conseillé publiquement de régler nos différents nous-mêmes. Les autres ont observé un silence assourdissant et rêvent peut-être de nous remplacer dans ce pays aux potentialités énormes. Surtout, ils ne veulent pas prendre le risque de perdre leurs liens économiques avec cet important pays pétrolier. Apparemment notre pays a déjà cherché de l’aide auprès d’autres pays comme l’Allemagne qui ont eu dans le passé des relations heurtées avec le régime des Wahhabites. Mais on ne connait les résultats de ces démarches.

Après tout c’est la loi de la concurrence et chaque pays surveille ses derrières et veille à ses intérêts.

Les bons dirigeants ont à cœur l’avenir de leurs populations et travaillent sans relâche pour améliorer le sort de ces dernières. Certains de nos politiciens canadiens ignorants, négligés, primitifs et rudes font tout pour nuire aux intérêts de leurs populations. On s’attend à ce que notre pays se mette à genoux pour s’excuser de la bourde diplomatique de notre ministère des affaires étrangères. Nos diplomates sont comme des enfants à qui on demande de ne pas monter pour éviter de se faire mal.  Ils refusent et une fois en haut, ils commencent à pleurer car ils ont peur de sauter et ils ne savent plus comment descendre. C’est quand triste et humiliant de voir nos plénipotentiaires nous rabaisser. L’incompétence, l’arrogance et l’ignorance de notre gouvernement ne sont plus à démontrer. Les bêtises et les échecs diplomatiques s’accumulent et s’amoncellent de jour en jour. On vient d’apprendre que l’expansion de l’oléoduc Trans Mountain pourrait coûter au gouvernement fédéral $1,9 milliards de plus que ne le prévoyaient les estimations originales de Kinder Morgan et sa construction pourrait se terminer un an plus tard que prévu, révèlent les documents de Kinder Morgan Canada. Les tuiles tombent régulièrement sur ce gouvernement qui ne pense pas aux intérêts des contribuables.

Néanmoins les relations diplomatiques ne sont pas coupées et que les discussions se poursuivent. On souhaiterait maintenir nos liens amicaux, économiques et politiques avec ce pays frère qui nous fournit du pétrole et avec qui on a un contrat de 15 milliards de dollars pour la fourniture de véhicules.

Nos compatriotes canadiens à l’extérieur et nos gouvernants maltraiteraient-ils l’Afrique et Haïti ?

 

Ces temps-ci il y a plusieurs sujets qui reviennent sur la table sur le comportement du Canada en Afrique et en Haïti. Cette grosse somme d’argent de 8 millions de dollars qui l’objet d’allégation d’évasion fiscale dans laquelle une société canadienne est impliquée. La promesse non tenue par l’ambassade du Canada à Dakar au village de Montréal au Sénégal. On parle également des propos attribués à l’ancien président sénégalais qui accusait une compagnie canadienne d’avoir voulu les escroquer dans un contrat pour améliorer la fourniture d’électricité de son pays.

Aussi qu’en est-il de la bauxite guinéenne à Kampar ? Il ressort d’une enquête de Michèle Ouimet, du quotidien La Presse, que l’usine de traitement de bauxite de Kamsar, en Guinée, connait des déversements de mazout à répétition et des émanations de gaz polluants. Selon le ministère de l’Environnement de la Guinée, la Compagnie des bauxites de Guinée ne prend pas les précautions pour respecter l’environnement et les populations locales. La poussière qui s’échappe des cheminées de l’usine serait toxique. Les habitants de la ville souffriraient de problèmes respiratoires aigus. La poussière contiendrait de la silice, du plomb et du cadmium. Elle contaminerait le sang et serait cancérigène, selon le chef de laboratoire du ministère de l’Environnement, Sékouba Daloga. Le directeur général de Rio Tinto Alcan en Guinée, Robert Théorêt, réfute ces affirmations. Selon lui, la poussière est désagréable, mais pas toxique.

A Montréal, l’inquiétude règne au sein de la communauté haïtienne du Québec à la suite d’un reportage de TVA Nouvelles, qui a révélé mercredi que 501 demandeurs d’asile haïtiens avaient été expulsés par l’Agence des services frontaliers du Canada depuis 2017. Le Comité d’action des personnes sans statut reproche au Canada de manquer de jugement, et juge qu’Haïti ne constitue pas un endroit sécuritaire.

En tout cas, les voix se lèvent pour fustiger ces comportements inqualifiables. Le manque de jugement de nos représentants ferait en sorte que notre pays serait en train de franchir le rubicond. Les canadiens avec leur promesse non tenue, ont fait, ce qu’une diplomatie occidentale n’a jamais osé faire en Afrique.On a souvent reproché aux anciennes puissances coloniales d’être des créateurs de malheurs. Mais qu’en est-il des nouveaux colons plus assoiffés de richesses ?  En tout cas, les cartes maitresses qu’ils sont en train de jouer nous montrent qu’ils sont des monstres sans âme et sans pitié et qu’ils n’épargneront personnes. Les africains doivent dire NON comme les saoudiens ou les autres le font, à certains de ces comportements des étrangers qui trahissent les intérêts de leurs populations.

Le gouvernement canadien doit d’abord régler ses problèmes à domicile

 

Peu importe l’angle par lequel on observe la chose, peu importe l’organisme qui compile les données, les constatations se confortent année après année : les personnes issues de la diversité sont confrontées aux discriminations de toutes sortes au Québec et ailleurs au Canada.

À l’issue d’une tournée de neuf jours à travers le Canada, le rapporteur spécial de l’ONU pour les peuples indigènes a jugé que les mesures prises pour réparer les torts historiques et pour sortir les populations autochtones de leur extrême pauvreté ont été « insuffisants ». En tête des pays les plus riches au monde, le Canada fait cependant figure de pays pauvre pour les conditions de vie des autochtones, a expliqué en substance le rapporteur de l’ONU. Le suicide atteint des niveaux très alarmants, selon M. Anaya. « Le taux de suicide chez les jeunes amérindiens ou Inuits est plus de cinq fois plus que chez les Canadiens » et, dans une des réserves visitées, « un suicide a été dénombré toutes les 6 semaines » depuis le début de l’année. Le rapporteur a également souligné les dangers encourus par les femmes autochtones qui ont huit fois plus de chances d’être assassinées que dans le reste du Canada et le taux d’incarcération est « disproportionnellement élevé » chez les Amérindiens.

Le gouvernement canadien doit s’attaquer à ses problèmes domestiques. Notre diplomatie très immature a fait des bêtises et elle devrait s’excuser. En attendant, je suis sûr les peuples canadiens et saoudiens travailleront ensemble, la main dans la main, pour le plus grand bonheur de leurs citoyens et citoyennes.

Gondiel Ka

Montréal, Canada,

gondielka@hotmail.com

Expertise relation Afrique Canada

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