Quelle horreur! Selon le rapport de RFS (Reporters sans Frontière), au cours de l’année 2020, trois cent quatre-vingt-sept (387) journalistes ont trouvé la mort dans l’exercice de leur métier ; cinquante-quatre (54) ont été pris en otage ; quatre sont portés disparus.

Et pourtant le silence !

La Communauté Internationale, ainsi que les Etats, au demeurant, investis de la mission de protection de tout humain, en vertu du contrat social, fondement de l’organisation de notre coexistence, ne semblent pas s’émouvoir de ce « journalicide. »

Chez les journalistes, eux-mêmes, la puissance de la plume et du verbe est presque étouffée par  par l’atrocité des faits.

Certes, l’homme se nourrit de blé, mais aussi d’information, qui du reste, est le premier repas de la journée de millions, voire de milliards d’habitants de la planète, dont les quotidiens de la presse précèdent le pain sur la table du petit déjeuner.

En conséquence, protéger la vie du journaliste, c’est aussi préserver un bien nécessaire pour notre quotidien.

L’information fait marcher le monde. Donc la communauté des Etats doit assurer la protection de ceux qui la produisent, au même titre que les producteurs de blé ou de lait, dont les préoccupations sont régulièrement prises en charge par des accords internationaux.

Je compatis à la douleur des familles de journalistes tombés sur les champs d’honneur, et exprime ma sympathie et ma solidarité à tous les journalistes du monde.

                                                                                                  Habib Sy

                                                                                        Ancien ministre d’Etat

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