Johnny Hallyday est mort, la dernière idole de la France s’en va

Luttant contre un cancer des poumons depuis des mois, le chanteur est dĂ©cĂ©dĂ© dans la nuit de mardi Ă  mercredi Ă  74 ans, a annoncĂ© Laeticia, l’Ă©pouse du chanteur. Retour sur la vie du rocker, toutes ses joies et ses peines, qui ont marquĂ© profondĂ©ment la France depuis 60 ans. Une vie de lĂ©gende, racontĂ©e par l’acadĂ©micien Marc Lambron.

 

Johnny Hallyday est mort. L’Ă©pouse du chanteur, Laeticia, a annoncĂ© qu’il s’est Ă©teint dans la nuit de mardi Ă  mercredi, Ă  74 ans. «Johnny Hallyday est parti. J’Ă©cris ces mots sans y croire. Et pourtant c’est bien cela. Mon homme n’est plus. Il nous quitte cette nuit comme il aura vĂ©cu tout au long de sa vie, avec courage et dignité», Ă©crit-elle dans un communiquĂ©. «Jusqu’au dernier instant, il a tenu tĂŞte Ă  cette maladie qui le rongeait depuis des mois, nous donnant Ă  tous des leçons de vie extraordinaires. Le coeur battant si fort dans un corps de rocker qui aura vĂ©cu toute une vie sans concession pour son public, pour ceux qui l’adulent et ceux qui l’aiment», poursuit-elle Ă  propos de son mari, Jean-Philippe Smet dans le civil. En mars dernier, le rocker avait expliquĂ© qu’il Ă©tait soignĂ© pour un cancer des poumons, dĂ©pistĂ© plusieurs mois auparavant. La maladie ne l’avait cependant pas empĂŞchĂ© de se lancer dans une dernière tournĂ©e avec ses complices Eddy Mitchell et Jacques Dutronc. Les «Vieilles Canailles» avait rencontrĂ© un succès considĂ©rable.

Ces dernières semaines, sa santĂ© s’Ă©tait dĂ©gradĂ©e. Le chanteur, son Ă©pouse Laeticia et leurs filles Joy et Jade avaient quittĂ© Los Angeles, oĂą ils vivaient Ă  l’annĂ©e, pour s’installer dans leur maison du parc de Marnes-la-Coquette. HospitalisĂ© le 13 novembre pour dĂ©tresse respiratoire, le chanteur avait retrouvĂ© son domicile quelques jours plus tard. Sa famille et ses amis se montraient optimistes sur le prochain rĂ©tablissement de Johnny. Sur le compte Twitter de l’artiste et de ses proches, des nouvelles rassurantes Ă©taient publiĂ©es rĂ©gulièrement. En plus de l’album hommage «On a tous quelque chose de Johnny» qu’il avait approuvĂ©, il prĂ©parait son nouvel album studio, toujours avec le chanteur Yodelice.

L’acadĂ©micien Marc Lambron retrace, pour Le Figaro, la vie de la plus grande star de la chanson française:
Chaque Français ou presque, au fil d’un demi-siècle, s’est forgĂ© «son» Johnny Hallyday, vĂ©ritable mythe national vivant. Retour sur la carrière hors-norme d’un monument populaire qui règne sur le rock français depuis trois gĂ©nĂ©rations.

Dans certains rĂ©gimes politiques, le leader national est surnommĂ© le «combattant suprĂŞme». Johnny Hallyday, c’est le survivant suprĂŞme. La machine vivante, l’infatigable showman arpentant les planches des ZĂ©nith et des stades, jambes arquĂ©es face au micro, visage Ă©maciĂ© Ă  la barbichette mĂ©phistophĂ©lique.

Il se tient dans l’imaginaire français comme un monument national vivant, une sorte d’homme-sablier qui arrĂŞte le filet de sable d’un geste de la main. Dans Rock’n’Roll Attitude, il chante: «La mort, j’suis pas dĂ©cidĂ©, j’veux encore essayer.» Combien de fois aura-t-il essayĂ©, Ă©ternel boxeur de ring Ă©lectrique, champion remettant son titre en jeu, icĂ´ne ubiquiste qui traverse toutes les surfaces. Ses premières apparitions mouvantes, c’Ă©tait sur l’Ă©cran rayĂ© des tĂ©lĂ©visions en noir et blanc, quand les prĂ©sentateurs se nommaient Jean Nohain et Guy Lux, AimĂ©e Mortimer ou LĂ©on Zitrone. Il vit aujourd’hui dans un univers de smartphones et de clĂ©s USB. Ce qui fait que trois gĂ©nĂ©rations françaises ont pu se retrouver Ă  ses spectacles, cĂ´te Ă  cĂ´te, face au pharaon immuable dans les faisceaux de lumière. «Et de toutes celles qui m’ont aimĂ©, c’est elle qui m’est restĂ©e la plus fidèle», dit-il pour introduire la chanson Pendue Ă  mon cou. Il veut parler de sa guitare.
On se prend Ă  rĂŞver d’un livre, d’un film, d’un site qui compilerait les visions que des millions d’entre nous ont eues de Johnny Hallyday. Le propre des mythologies, c’est qu’elles sont «appropriables» Ă  l’infini par chacun, comme si une star Ă©tait un cousin universel.

À chaque Français son propre Johnny Hallyday

Chacun retiendra des images, des fragments, des moments. Dans mon album privĂ©, sans l’avoir jamais vraiment connu, je revois des apparitions de Johnny, je feuillette comme tout le monde mon agenda Hallyday. Était-ce en 1978, ce spectacle oĂą il descendait d’une main articulĂ©e gĂ©ante, les tempes appareillĂ©es de deux mini-projecteurs, avec la section de cuivres et les choristes multiples, pour incarner L’Ange aux yeux de laser? Et cette annĂ©e oĂą il arrivait sur la scène de Bercy en chevauchant un «chopper» Harley-Davidson? Et ce vendredi soir inoubliable oĂą le public d’un Stade de France noyĂ© de pluie se vit annoncer que le spectacle Ă©tait annulĂ©, trop dangereux, 80.000 personnes quittant sans dĂ©sordre l’immense arène, pour revenir sagement une semaine plus tard: il pleuvait toujours, mais ce soir-lĂ , Johnny donnerait tout malgrĂ© l’ouragan. Je garde le souvenir de ces concerts, et d’autres images aussi, en plan rapprochĂ©, comme des scènes surprises, des anecdotes de vie. Ă€ chacun son Johnny.

Qu’est-ce qu’une vie oĂą l’on ne peut traverser une place sans ĂŞtre aussitĂ´t assailli par des objectifs, mĂŞme gentiment? Je me souviens aussi de l’une de ces fĂŞtes blanches que donnait Eddie Barclay dans sa villa de Saint-Tropez. C’Ă©tait en 1991. Les stars de premier et de second plan n’y manquaient pas, mais l’arrivĂ©e de Johnny H, avec Ă  son bras son Ă©pouse Adeline, crĂ©ait une Ă©mulsion sensible.

La légende dorée du chanteur abandonné

Une dernière image de Johnny? Au dĂ©but de l’annĂ©e 1998, il m’accorde un entretien pour Le Figaro Magazine. La rencontre a lieu dans un studio de la Plaine Saint-Denis oĂą Johnny H. enregistre deux chansons pour une Ă©mission de Jean-Pierre Foucault. Avant la rencontre, Daniel Rondeau a tĂ©lĂ©phonĂ© Ă  Johnny Hallyday pour lui dire que nous sommes bons camarades, ce qui est une façon de bien le disposer Ă  mon Ă©gard.
Sur scène, il flambe toujours au milieu de décors babyloniens, avec ses cascadeurs, ses hélicos et ses motos, ses tréteaux et ses pyrotechnies.

Ĺ’il de loup, barbichette toute neuve («ça gratte», me lâchera-t-il), Johnny m’accueille d’un «alors, vous ĂŞtes un ami Ă  Daniel», oĂą l’authenticitĂ© du personnage se niche dans la faute de français. L’entretien se passe bien, et l’idole me gratifie mĂŞme d’un souvenir que, paraĂ®t-il, il n’avait pas racontĂ© auparavant: l’Ă©poque oĂą il se rendait Ă  la villa tropĂ©zienne de Brigitte Bardot, La Madrague, pour jouer de la guitare et chanter avec la nymphe nationale. Cela fait beaucoup de jolies femmes, beaucoup de Saint-Tropez, un entrelacement de lĂ©gendes françaises. Ă€ chacun son Johnny, donc.

En appuyant sur la touche, la nostalgie s’Ă©panouit. Que faisiez-vous pendant l’Ă©tĂ© de Que je t’aime? Et l’annĂ©e du Chanteur abandonnĂ©? Les enfants du baby-boom ont trouvĂ© avec lui leur meilleur miroir. Pendant l’Ă©tĂ© 2009, il y eut des rumeurs d’hospitalisation, puis un communiquĂ© sur une opĂ©ration au cĂ´lon. De nouveau, Ă  l’automne, ce problème de hernie discale, une opĂ©ration en France, puis une autre Ă  Los Angeles qui vit le chanteur plongĂ© dans un coma artificiel. Quelque chose clochait, se dĂ©glinguait peu Ă  peu. Comment imaginer un Johnny Hallyday sur une chaise roulante, comment admettre cette image-lĂ ? Rien de sa vie passĂ©e ne nous y avait prĂ©parĂ©s. La lĂ©gende dorĂ©e du chanteur abandonnĂ©…
Depuis ses dĂ©buts, huit prĂ©sidents de la RĂ©publique se sont succĂ©dĂ© Ă  l’ÉlysĂ©e, mais le roi Johnny, lui, dĂ©fend toujours son trĂ´ne

Johnny Hallyday, c’est un revenant herculĂ©en, et il est revenu. Il y a quelque chose d’un culturiste de foire chez ce marathonien des chapiteaux. Sur scène, il flambe toujours au milieu de dĂ©cors babyloniens, avec ses cascadeurs, ses hĂ©licos et ses motos, ses trĂ©teaux et ses pyrotechnies. On se rend Ă  ses concerts comme on monte dans un wagonnet de Luna Park. Depuis ses dĂ©buts, huit prĂ©sidents de la RĂ©publique se sont succĂ©dĂ© Ă  l’ÉlysĂ©e, mais le roi Johnny, lui, dĂ©fend toujours son trĂ´ne. MĂŞme les Ă©crivains se sont inclinĂ©s. On se souviendra qu’il a inspirĂ© des commentaires Ă  Louis Aragon et Ă  Lucien Bodard, qu’il a fascinĂ© Marguerite Duras et Daniel Rondeau. Ce carnivore a un plat d’Ă©lection: le steak tartare bien relevĂ©.

Tous ses fans savent que Jean-Philippe LĂ©o Smet est nĂ© un 15 juin 1943 Ă  la citĂ© Malesherbes, Ă  Paris. Son père le reconnaĂ®t, mais l’acte ne sera pas validĂ©: son gĂ©niteur est alors l’Ă©poux d’une autre femme. Très vite, l’enfant se voit recueilli par sa tante, HĂ©lène Mar, dont la fille Desta est mariĂ©e avec l’artiste amĂ©ricain Lee Ketcham, alias Lee Halliday. Dès l’âge de 11 ans, le petit Jean-Philippe chante entre les numĂ©ros de danse de ses parents adoptifs. Lee Halliday, dont le nom de scène deviendra celui de Johnny en ajoutant un «y», recevait de l’Oklahoma des disques de rock and roll. L’initiation se fait lĂ . InstallĂ© dans le quartier de la TrinitĂ©, Johnny frĂ©quente le Golf Drouot, passe en attraction au dancing du Moulin-Rouge, publie son premier 45-tours en mars 1960 avec un titre de Dalida,T’aimer follement. C’est l’Ă©poque oĂą Claude Moine devient Eddy Mitchell, oĂą Christian Blondieau devient Long Chris, oĂą Jacques Dutronc n’est pas encore Jacques Dutronc.

Ă€ ses dĂ©buts, il reproduit l’AmĂ©rique des annĂ©es 1960

Avec l’Ă©mission de radio, puis le magazine homonyme, l’Ă©poque de Salut les copains fĂ©dère des adolescents dansant au son des Ă©lectrophones Teppaz. Pour le premier anniversaire du pĂ©riodique, ce sont 150.000 spectateurs qui fĂŞtent Johnny place de la Nation. L’idole des jeunes s’installe dans un paysage qu’il ne va plus quitter.
Une chevelure drue, une maigreur de chat affamĂ©, des jambes qui s’ouvrent en ciseaux, la guitare accrochĂ©e Ă  l’Ă©paule, Johnny Hallyday incarne alors une silhouette, une libertĂ©, un style, reprenant en français des succès amĂ©ricains, lançant de nouvelles danses comme le twist ou le madison, se faisant tailler sur mesure des succès par des façonniers de grand talent, tel le merveilleux Retiens la nuit, cosignĂ© par Charles Aznavour et son beau-frère Georges Garvarentz. BientĂ´t, on le voit aux cĂ´tĂ©s de sa petite fiancĂ©e bulgare, «la plus belle pour aller danser», l’adorable Sylvie Vartan. La lĂ©gende se dessine. MalgrĂ© les Ă©loignements, les ruptures, les remariages, la France gardera toujours un Ĺ“il mouillĂ© sur ce couple national: il ressemble Ă  ces histoires d’amour nouĂ©es un soir de bal, dans une nuit des annĂ©es 1960. Et, mĂŞme si l’Ă©mule de James Dean rĂŞvait alors d’Alabama, il allait devenir une lĂ©gende française.

«À tout casser» de John Berry en 1967.

Le dĂ©pit secret de Johnny Hallyday lui confĂ©ra probablement sa force: ce chanteur qui se faisait passer Ă  ses dĂ©buts pour amĂ©ricain ne put jamais conquĂ©rir le monde anglo-saxon. Au fil des annĂ©es, il aura beau accumuler les enregistrements dans le Tennessee, les rodĂ©os en Harley-Davidson, les bandanas de Sioux, habiter de fausses villas texanes, quelque chose le colle invariablement au terroir national. Tourne-t-il un western, c’est en Camargue. Tente-t-il de chanter Ă  Las Vegas, c’est une dĂ©route. Se produire en duo avec Carl Perkins ou Lionel Richie n’y aura pas suffi. Johnny Hallyday est français avec un clin d’Ĺ“il amoureux et rĂ©signĂ©, il sait qu’il appartient aux bals du 14 Juillet et aux cafĂ©s de province. Monument populaire, donc, mais la rĂ©compense s’est trouvĂ©e au rendez-vous. Alors qu’Elvis Presley ou Gene Vincent ont depuis longtemps rejoint le paradis des guitares, Johnny remplit toujours les stades.

Personne en France ne peut se vanter d’avoir tenu en puissance pendant aussi longtemps: les spectacles de Johnny Hallyday restent des autoportraits en forme d’ouragans. Il aura vĂ©cu dans son corps la guerre de l’alcool et des drogues, les tempĂŞtes amoureuses, le combat contre lui-mĂŞme. «Je suis un soldat», chantait-il dans Quand revient la nuit. Accidents de voiture, tentative de suicide, divorces, familles recomposĂ©es, dĂ©mon de midi, il a pu tout Ă©prouver et tout reflĂ©ter.

En tout rebelle sommeille un parrain. Avec le temps, le paysage de la chanson française s’est largement distribuĂ© autour de ce totem central, que les musiciens de studio surnomment entre eux l’«Homme». L’Ă©poque est loin oĂą le chanteur Antoine proposait de le mettre en cage au cirque Medrano. Dès 1971, Michel Polnareff lui rendait hommage en l’accompagnant sur scène. Johnny est le premier qui ait donnĂ© sa chance au jeune Jimi Hendrix ou permis au fondateur du groupe Foreigner, Mick Jones, de faire ses armes. Chacun sait qu’il existe dans le mĂ©tier un honneur redoutable, celui de soutenir un duo face Ă  Johnny: autant opposer un fĂ©tu de paille Ă  un organe de laiton.

Sagan, Labro, Ravalec ont Ă©crit pour lui

Tous ceux qui comptent ont un jour travaillĂ© avec lui, de Daniel Balavoine Ă  Jean-Jacques Goldman, de Catherine Lara Ă  Pascal Obispo. Philippe Labro se souvient des nuits passĂ©es dans un hĂ´tel londonien pour Ă©crire les paroles de l’album Flagrant dĂ©lit. Mais on eut Ă©galement la surprise, en 2000, de trouver sur l’album Sang pour sang des paroliers tels que Françoise Sagan ou Vincent Ravalec. En 2002, avec Ă€ la vie, Ă  la mort !, ce sont Marie Nimier et Maxime Le Forestier qui rejoignaient la cohorte.

Johnny «l’AmĂ©ricain» en Camargue sur le plateau du film «D’oĂą viens-tu Johnny?» en 1963.
Johnny H. a aussi cultivĂ© un rĂŞve de cinĂ©ma. Comme avec l’AmĂ©rique, cette fascination n’a pas forcĂ©ment dĂ©bouchĂ© sur de grands accomplissements. Il y a eu les films de teenagers du dĂ©but des annĂ©es 1960, D’oĂą viens-tu Johnny? ou Cherchez l’idole, autant de chromos sucrĂ©s. Il y a quelques apparitions, dans Les Diaboliques de Clouzot, Conseil de famille de Costa-Gavras ou L’Aventure, c’est l’aventure de Claude Lelouch. Il y eut enfin les films construits avec des bonheurs inĂ©gaux autour de lui, comme DĂ©tective de Jean-Luc Godard, L’Homme du train de Patrice Leconte ou Jean-Philippe de Laurent Tuel.

Une Ă©poque de la chanson française va-t-elle s’achever? Elle aura eu les traits de ce personnage rĂ©vĂ©rĂ©, fascinant, moquĂ©, incontournable, toujours star. Jean-Philippe Smet laisse derrière lui un hĂ©ritage qui s’est diffractĂ© en de multiples avatars, mais sans que l’on puisse dire de quiconque qu’il est le nouveau Johnny Hallyday. Un personnage unique, donc.

Eddy Mitchell aime Ă  raconter cette histoire savoureuse: alors que l’ancien chanteur des Chaussettes Noires Ă©tait en tournĂ©e, Johnny dĂ©cide un soir de le rejoindre sur scène pour le rappel. ArrivĂ©e de Johnny H. en coulisses, qui s’avise qu’il a oubliĂ© ses lunettes noires. Heureusement, un vigile Ă  oreillette est en faction, arborant une magnifique paire de Ray-Ban. Johnny les lui emprunte. «C’est un honneur», dit le vigile fascinĂ©. Eddy et Johnny entrent en scène, dĂ©lire dans la salle, ils font deux chansons ensemble. Ă€ la fin des rappels, Johnny salue le public et lance théâtralement les Ray-Ban dans la fosse d’orchestre. Évidemment, le vigile n’a jamais revu ses bĂ©sicles. Reverrons-nous les lunettes de Johnny H.?

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