IBK libéré, la crise malienne reste entière ! Et s’il y a un deal ?

Il nous revient de sources concordantes que l’ « ancien » président malien, Ibrahima Boubacar KEITA, a été libéré aux alentours de 3 heures matin, dans la nuit du mercredi à jeudi 27 août 2020. Il a été ramené par les éléments des Forces spéciales maliennes à sa résidence de Sébénikoro, laquelle par la junte. 

Cette information a fait le tour des réseaux sociaux montrant une vidéo le « président » en parade avec un escorte digne de son rang et de sa « fonction ». Ironie du sort, c’est quasiment dans les même conditions qu’il a été amené au cas militaire de Kati, peut-être avec moins de solennité. On sait tous ce qui s’en avait été suivi !

C’est fort de toute cette mise en scène que l’on arrive à se demander qu’est-ce qui s’est réellement passé au Mali pour qu’on en arrive là ?

De jour en jour le questionnement devient plus ardu à revoir le film des évènements qui ont connu à la destitution du président IBK. Force est de constater que les lendemains à venir nous réserve des surprises, parce-ce qu’en toute franchise tout n’a pas été intégralement dans ce coup d’Etat militaire aux allures d’un passage de témoin dans un rallye au pouvoir au palais Koulouba.

En voilà une bonne chose de la part des hommes forts de Bamako, au moins des raisons humanitaires les hommes du pouvoir déçu doivent tous être libérés ; ce qui en  soit participerait à l’apaisement du climat social jusque-là tendu.

On ne peut pas courir plusieurs lièvres à la fois.

Entre l’occupation du tiers du territoire national par les djihadistes, la mal gouvernance et l’emprisonnement de tous les hommes de l’ancien régime, les militaires au pouvoir devraient choisir une porte de sortie honorable pour leur pouvoir tant décrié par toutes les organisations du Continent et la communauté internationale.

Pour rappel, c’est au mois de juin que l’opposition autour de l’Imâm DICKO a mis une forte pression sur le Président malien pour qu’il quitte ses fonctions présidentielles. Ce que ce dernier avaient refusé, à son temps, considérant qu’il a été légalement et légitimement été élu par le peuple malien souverain.

Le 18 août 2020 mardi au matin que commençait une mutinerie au camp militaire de Kati à environ 15 km de Bamako, jusqu’au soir vers 17h pour que soit arrêté le président IBK avec une partie de son gouvernement de même que son fils. Plus tard vers minuit, on dit que le président IBK venait d’annoncer sa démission, celle du gouvernement et la dissolution de l’Assemblée nationale. Quelle est théâtralisation de la scène politique malienne ? Cette conviction d’assister à l’acte 1 d’une véritable scène de théâtre à la « bobodiouf » burkinabé est aujourd’hui plus que confortée par le cours des évènements.  

La démission est un acte volontaire auquel l’individu se soumet sans contraintes aucunes. Si le président IBK avait l’intention de démissionner, il aurait dû le faire depuis des mois ou bien même le faire dans la chaude matin d’hier à partir du palais présidentiel ou de sa résidence personnelle.

Cette démission faite au camp Kati sous escorte militaires n’a aucune valeur à nos yeux.

Il est du devoir de la CEDEAO et de la Communauté internationale d’user de toutes leurs forces pour le retour rapide au Mali de l’ordre constitutionnel !

Cette belle et rigoureuse phrase sur toutes les lèvres des épris de la justice et républicains du Continent africain se heurtera plus tard à la  triste déclaration en sanglot du président IBK lui-même : « je ne retournerai pas aux affaires même pas une seconde ». Bon sang, pourquoi celui qui s’était accroché au pouvoir comme une crêpe le lâche si facilement en mettant table rage sur son destin politique et celui de ses compagnons sans contrepartie.

Accordons-nous à nous entendre que cela ne relève pas de la politique ! Donc il y a forcément des choses qui ne sont pas connus du grand public. Qui a négocié quoi ? Et pourquoi de telles négociations ont été fait ? L’arrestation puis la libération d’IBK à elles seules suffisent-elles à consoler le peuple malien ?

En dépit du couperet de menace de sanctions brandit un peu partout pour étouffer les « hommes forts » de Bamako, les militaires putschistes continuent de dérouler tout tranquillement leur agenda avec une assurance de marbre. A force d’assister à la persistance de l’illégalité, elle donne si on n’y prend pas garde l’air d’une légalité incontestée et incontestable.

La CEDEAO semble avoir atteint ses limites dans cette crise malienne, ce qui fait donner des capacités de la Communauté à prendre en charges les préoccupations des populations en matière de démocratie et de sécurité.

Le plus grand absent de cette parade des chefs à l’autel de la solution de la crise malienne pour est l’Union africaine. Elle est muette comme une carpe voire plus.
Que ceux qui voulaient le départ d’IBK prennent leur responsabilité à deux mains, le Mali est en pleine zone de turbulence. Et la cécité du commandant de bord n’augure rien de bon.

Pour les gens de la « délivrance » qui étaient venus pour une transition, on parle maintenant d’un délai de trois (3) ans. Le pouvoir rend fou, le pouvoir absolu rend absolument fou !
Cette belle assertion est d’autant plus vraie que l’absence de pouvoir incarné par des hommes légitimement et légalement reconnus pose un réel problème dans toute communauté.

Pour le grand savant, à l’esprit éclairé, Montesquieu : « il n’y a rien de plus puissant qu’une République où l’on observe les lois non par crainte mais par passion.

La perte subite du goût du pouvoir du président IBK, le dégonflement de balle aux allures populistes de l’Imâm Mahmoud DICKO et l’installation sans tambours ni trompettes au pouvoir des militaires relèveraient d’une des plus grandes conspirations de l’histoire politique du Continent africain.

A qui voulait l’entendre, la figure charismatique de la contestation populaire au Mali a toujours clamé son amitié au président IBK à qui il demandait gentiment de quitter le pouvoir.

L’Imam DICKO est-il allé jusqu’à jouer d’intermédiaire entre l’armée et son ami pour que le pouvoir ne tombe pas entre des mains ennemies pour épargner son « ami » de la machine de la répression ?

En tout état de cause, ce qui nous semble évident, il a déstabilisé à lui seul le peu de qui restait de l’État malien rongé par une crise multisectorielle.

Nous y sommes devant le fait accompli, réellement inexplicable par tout observateur de la géopolitique du Continent africain et même de la sous-région.

Bonjour, les conséquences avec lesquelles nous devons continuer à vivre encore longtemps tous sans exception aucune en tant que peuples africains. A quand le vrai changement pour plus de démocratie ou même la vraie démocratie, devrais-je dire ?  – Ce contient qui est le nôtre a de réels difficultés à se prendre en charges dans presque tous les domaines qui interpellent son devenir.
On laisse un homme saper le socle d’un Etat au nom d’une démocratie hypothétique jusqu’à son agonie pour que l’armée vienne afin prendre le pouvoir par la « force ».  C’est l’un des coups d’Etat le plus pacifique au monde. Aucune perte en vie humaine heureusement pour le brave peuple malien.

La transition s’est faite en toute douceur, avec un président IBK qui attendait l’armée tout sagement dans sa résidence en compagnie de son premier Ministre et de son fils, l’épicentre de toutes les contestations. Et comme par miracle, ils devaient y être pour être cueillis ensemble et conduits sous forte escorte au camp militaire de Kati.

On s’empresse à mettre sur place un comité de transition avec tous les ingrédients pour agrémenter la sauce. Sera-t-elle piquante ou pas ? Demain, nous en dira plus mais nous n’avons aucune foi en ce qui se trame dans les couloirs et sous les bottes du colonel Assimi GOITA.

Le regard de l’ « homme fort » de Bamako ne nous inspire nullement confiance pour des lendemains prometteurs pour le peuple malien !

De la tête du comité de transition mis sur place au lendemain du renversement du président IBK, il est aujourd’hui investi de pleins pouvoirs Chef de l’Etat, pour qui les défis sont plus que nombreux mais presque dans tous les segments de la vie de nation malienne.

Réussira ou ne réussira pas à relever les défis que l’attendent ?

Nous prions de toutes nos forces à ce qu’il ne finisse pas en despote !
Qu’Allah sauve le beau pays, le Mali !!!

Monsieur Amadou THIAM

Juriste spécialisé en Contentieux des Affaires

Adresse :1261XMousse Guédiawaye 

DAKAR-SENEGALTéléphone: (+221)775112068

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