La mort une fois de plus, a frappé fort !

Mais nous, nous devons rester forts !

Je[1] voudrais à travers ce témoignage rendre un vibrant hommage à ce grand fils du Djoloff que fut Aly SALEH. Certes, tout est vain en l’homme si nous regardons le cours de sa vie mortelle ; mais tout est précieux, tout est important si nous contemplons le terme où la vie aboutit et le compte qu’il faut en rendre. Monsieur le Maire Aly SALEH était un homme exceptionnel; ces sortes de phares humains qui traversent la vie des hommes une fois par siècle.

Alfred de MUSSET le disait : « Pour écrire l‘histoire de sa vie, il faut d’abord avoir vécu ». Et le premier maire de Dahra  a vécu !

Oui, Monsieur le Maire a vécu, il a fait vivre et c’est pourquoi… il survivra !

En effet, chez nous africains, la mort n’est pas une fin, mais un simple voyage dans un autre monde « Les morts ne sont pas morts… », disait Birago DIOP.

Oui Monsieur le Maire, tu n’es pas mort ! Tu es dans les baobabs qui frémissent (sur la place publique), tu peuples ces rues bordées de « Nimas », tu es dans le château d’eau majestueux qui domine la ville de Dahra et que tu as fait fonctionner pendant plusieurs années de ta poche, sans tambour, ni trompette ! Tu es partout ; ton âme peuple cette ville que tu as « faite »… Tu es Dahra, Dahra est à toi !

Oui monsieur le Maire, Dahra aurait pu s’appeler tout simplement « Keur Aly », personne ne s’en offusquerait, tellement chaque coin et recoin de cette ville porte votre empreinte indélébile. […]

« Ndanaan nit ke kooy doo nal bopam ngir dieufam yu rafeet » ! -dit le poète-

« Ndanaan sou déwè jeuf ji du niil ndax nétaliga » ! – chantait feu Ndongo LÔ-

« Ca dëg dëg Pape Aly SALEH ndanaan nga woon » !

Ta vie et ta trajectoire t’ont immortalisé. Les « djoloff djoloff » (et particulièrement les jeunes) devront garder jalousement ton héritage, qui sera pour eux le pain eucharistique dont ils se nourriront pour relever les défis de l’avenir et parachever cette majestueuse mission que tu avais entamée et presque réussie :

Dahra émergent !

Aly est mort ! Vive Aly ! Qu’il vive à travers chacun de nous, j’allais dire vous autres « Djoloff-djoloff ». Mort, où est ta « victoire » ? Aly SALEH est au ciel ! La mort qui semblait tout détruire a tout rétabli ! Si le corps retourne à la terre dont il a été tiré, nous avons une secrète affinité avec Le Tout Puissant et il faut que ce qui porte en nous la marque divine…, soit aussi rappelé auprès de Lui. Aly SALEH est près de Dieu, vêtu d’un boubou blanc parmi ces créatures dont les œuvres font espérer d’une gloire éternelle.

Qu’avons-nous d’autres à demander à Notre Seigneur pour cet homme sinon qu’il l’affermit dans le bien et qu’il conservât en lui les dons de sa grâce ! Allah (SWT) nous exaucera.

Aly SALEH a fait connaitre aux « Djoloff-djoloff » la vérité de cette parole du sage : « Le patient vaut mieux que le brave ; et celui qui dompte son cœur, vaut mieux que celui qui prend des villes ». Combien a-t-il été maître de son cœur ? Avec quelle tranquillité ?  N’a-t-il pas satisfait à tous ses devoirs en tant qu’édile ? En tout état de cause on peut dire qu’il est affermi dans le bien d’une manière plus haute que celle que nous attendions… c’est certainement cela la merveille de la mort chez nous autres croyants : elle ne finit pas leur vie ; elle ne finit que les pêchés et les périls où la vie les expose.

Qu’attendons-nous donc pour suivre l’exemple de cet auguste homme ? Demeurons-nous toujours des amnésiques, des aveugles pour oublier ou ne pas voir le chemin à suivre qu’Aly SALEH nous a montré ? Allons-nous laisser tomber ce profil de l’ATEPA qu’il a légué aux « Djoloff-djoloff » ? Je dirai NON !  Monsieur le Maire, tu survivras à travers nos actes de droiture, de discipline, de développement, de croyant, d’homme tout court… Ton souvenir  dans nos cœurs luira éternellement !

Que la terre de ton Yang-Yang natal  te soit légère ! Toi qui viens de loin et qui a montré le chemin.

A M I N E !

 

Kalidou SOW,

Ancien Secrétaire général de la Commune de Dahra

sowkalidou75@gmail.com

[1] Au nom de tous mes collègues doyens qui ont servi sous le magistère de feu Aly SALEH, 1er maire de la Commune de Dahra (Messieurs Adama GUEYE, Boubacar SIDIBE, Cheikh Tidiane FALL)

 

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