Foot Ball sĂ©nĂ©galais – Il faut opĂ©rer les rĂ©elles ruptures pour monter sur le toit de l’Afrique

La désillusion et la déception ont été, hier, le lot le plus partagé par les sénégalais suite à l’élimination prématurée de leur équipe nationale, contrainte de quitter la compétition sportive la plus prestigieuse de notre continent, seulement après leur deuxième rencontre. Déjouant ainsi les pronostics les plus fous qui plaçaient « les lions » au peloton de tête des équipes possibles vainqueurs du trophée, le plus convoité en Afrique, le 12 février prochain.

L’humiliation a été aussi vivement ressentie que les lions ont été dévorés par une équipe, qui bien que jouant à domicile devant son propre public totalement acquis à sa cause, n’en est pas  moins un novice dans la compétition à laquelle elle participe, seulement, pour la deuxième fois. Pour le symbole et pour les conséquences désastreuses qu’une telle défaite peut engendrer dans la suite et la poursuite de la reconstruction de notre football national, y a de quoi effectivement en perdre son latin et tomber hystériquement en syncope. Car il faut le rappeler sans cesse, notre statut de finaliste en 2002 au Mali doublé de notre participation élogieuse au mondial asiatique, où nous avions battu la France en match inaugural et accédé en quart de final, performance que seul avait réussie à l’époque le Cameroun de Roger Milla et de François oman Biyick.Ce pedigree de performance aussi lointain qu’il puisse paraitre, nous mettait en posture malgré l’évolution sinusoïdale de notre équipe ces dix dernières années, de   tout faire pour au moins défendre ce capital symbolique à même de nous servir de tremplin et de repère dans une perspective de reconstruction si tant est que ce football a été réellement déjà construit. Car le football  Sénégalais, disons le sans faux fuyants  et angélisme, n’a jamais été inscrit dans une dynamique de gestion qui lui garantirait une certaine viabilité et un certain professionnalisme propre à faire que nous puissions prétendre logiquement et surtout légitimement à un quelconque leadership en Afrique. Pour monter sur le toit footballistique de l’Afrique, il faut passer par des étapes dont la première est, sans nul doute, l’application d’une véritable politique de développement et de promotion du football local bien pensée et planifiée dans son déroulement. Laquelle politique mettrait au centre de son dispositif de pilotage la mise au point de réels axes d’accompagnement des clubs locaux  pour leur permettre de se structurer et de fonctionner selon les standards de gestion d’une véritable équipe professionnelle. Ce dont on est entrain d’assister aujourd’hui est un ersatz de professionnalisme qui n’assure aucune efficacité et efficience dans le perfectionnement de ce football encore en balbutiement. Malgré les talents exceptionnels de footballeur dont la nature a doté notre pays
Il faut que les sénégalais, pour se prémunir contre certains traumatismes comme celui d’hier, fassent au niveau  de leur psychologie le deuil complet de l’épopée de 2002. Cette épisode était une simple lueur dans la pénombre où se trouve depuis toujours le football sénégalais. Ce succès, on le devait à un simple concours de circonstances avec des joueurs aux talents exceptionnels formés dans les centres formations français, et dont l’envie était de se faire découvrir dans le monde entier  via la coupe du monde. Cette intermède performante n’était en rien le reflet d’une gestion vertueuse de ce football à travers la formation des petites catégories ponctuée par l’organisation régulière  d’un championnat à ce même niveau  pour détecter de nouveaux talents aptes à être enrôlés dans l’équipe première dans une perspective de renouvellement raisonnable des générations. Il est désolant de constater que la politique de construction d’infrastructures sportives dans notre pays est à un degré zéro de signification. Notre seul « bijou » dans ce domaine, c’est le stade Léopol Sédar Sénghor  fruit de notre coopération avec la Chine populaire. Partout ailleurs c’est le désert le plus complet. Le peu de patrimoine qui nous consolait tant soi peu est entrain d’être grugé et rogné par l’establishment politique en place. L’exemple de la confiscation du Stade Assane Diouf est là pour le confirmer avec éloquence. Sur son ancien emplacement, est entrain d’être bâti un futur centre commercial, ce qui est un mépris total et inadmissible manifesté au sport en général et le  football en particulier. Ce qui m’amène à dire, fort justement, que nos autorités veulent faire du football de ce pays un simple moyen d’exutoire  et de défoulement pour permettre aux populations, au cas où leur équipe triomphe, de s’en servir pour diluer les nombreux problèmes existentiels qui les taraudent et les étranglent. Assurément, cette option de pilotage à vue  ne garantit pas ,à tous les coups, l’efficacité comme ce fut le cas en 2002. S’il y a des domaines dans la vie d’une nation qui ne doivent pas souffrir de politique politicienne, le football en est un comme le sport de   manière générale.
Une équipe nationale est représentative de la communauté nationale dans son entièreté sans exclusive. Aucun segment de cette communauté ne doit, au nom de ses positions contingentes de pouvoir, la détourner à des fins de servir des intérêts exclusivement partisans. Tant que nos autorités politiques n’auront pas compris cette réalité, elles exposeront toujours les attentes des sénégalais par rapport à leur football à des désillusions et déceptions grosses de tous les «  déluges » qui les engloutiront et les emporteront elles aussi.
En attendant  j’invite les amoureux du football qui sont nombreux dans ce pays à ne pas bouder le plaisir merveilleux qu’offre ce jeu. Pour pavoiser un jour avec cette coupe à travers tout le Sénégal, il nous faut opérer  des ruptures épistémologiques fondamentales  sur la base de tous les enseignements et leçons apprises qui auront à être tirés de cette déconvenue aux allures d’un véritable naufrage collectif tel que le Sénégal en a déjà connu par le passé. D’Asmara 68 à Bata 2012 en passant par caire 86, beaucoup de larmes auront coulé sous les ponts  de notre histoire footballistique. A quand le sourire ?       

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