Dossier immigration : RĂ©ponse – Qui voyage loin, mĂ©nage sa monture.

C’est avec un intérêt particulier que j’ai lu le texte de M Sakho sur les enfants des immigrés.
Ce qui me retient le plus, c’est moins la profondeur de l’analyse qui devait nous édifier sur des propositions claires au lieu de s’attarder à crier sur leur sort. Mais en plus de s’endosser au mur de lamentation, Malik me semble impossible de prendre position par rapport à ce phénomène dont il est acteur.

Oui Malik il faut apparaitre sous forme de poisson ou de viande. En orient on dirait ‘’tu n’es ni figue ni raisin.’’
Vous décriez l’acculturation et le déracinement dont sont victimes vos enfants, nos enfants en Europe sans pour autant accepter la réalité dans le pays d’origine.

Vous estimez que les parents sont désarmés en Europe par une législation protégeant trop l’enfant, mais aussi vous êtes traumatisés par une insécurité et tentations de nouveaux maux tels que la pédophilie et autres vices.
Vous nous parlez de système crédible au Sénégal mais que les enseignants et autres responsables scolaires qui désertent les classes et centre de formation.

Vous êtes aussi partagés entre le souhait de donner aux enfants une éducation de base d’origines sénégalaise, mais se séparer des enfants à cet âge n’est pas évident.

Je rappelle  que la question que vous soulevez est d’une importance capitale. Oui que notre gouvernement devrait dans sa politique étrangère, montrer plus de volonté quant au sort de nos enfants. Oui le gouvernement pourrait recevoir la proposition concrète  venant de vous d’une « Ecole sénégalaise en Italie » avec un programme bien concocté. Cette responsabilité devrait être participative en ce sens qu’il s’investira comme un projet qui tiendra compte de toutes les facettes de l’immigration (Nous avons une école française, américaine, turque au Sénégal.) D’autres pays tel que le brésil ou l’Italie ont des écoles ailleurs en Australie ou au Japon.

Concernant votre peur bleue sur la sécurité des enfants, il me semble juste être une excuse qui traduit la difficile décision de se séparer de son enfant. Oui c’est vrai, que cette séparation, quelque soit le motif, semble pas être évident, mais jusqu’à étaler le risque que courent les petits sénégalais quant aux viols et pédophilie n’est pas une vraie raison. La nature est grande pour les petites choses. La pédophilie et les crimes sur les enfants sont des faits exogènes et particulièrement Européennes. Les cas relatés souvent par une presse de haute décibel  ne traduisent pas toujours la réalité des faits.

Suis d’accord avec vous sur les grèves des enseignants, allons plus loin, c’est tout le système qui est pourri et que si les gouvernants n’en prennent  pas des décisions adaptées, ce sera la catastrophe pour tout le monde.
D’ailleurs cette raison est valable pour ne pas envoyer ses enfants. Dire que si l’école publique ne marche pas, la privée pourrait être ok est une manque d’intelligence sur les phénomènes  de société.

Mais à ce niveau vous nous soutenez que la langue constitue un frein, et qui parle autre langue vit autre culture. Certes vrai, mais un système qui n’est pas en mesure de  former ses individus  au delà de la langue me semble aujourd’hui dépassé. Les jeunes ingénieurs italiens, japonais, américains et maliens travaillent ensemble chez LAWRENCE HARVEY  ou chez CANON   et parlent aujourd’hui la même langue : celle des principes et techniques qui les mettent ensemble dans le même environnement professionnel. Pourtant chacun a une éducation à part avec une langue différente. A moins que tu considères la formation simplement dans le segment du primaire et moyen secondaire. Non elle va au delà de ce niveau et vous le savez bien car vous êtes universitaire.

Je ne pourrais pas finir sans pour autant aborder la question de responsabilité des parents qui voyagent. La façon dont vous demandez et attendez des réponses sur l’avenir des enfants immigrés dépend de trop de la façon dont nous sénégalais, nous immigrons. Un bon jour nous voyageons car nous avons obtenus le visa. Oui il faut partir car au pays c’est difficile. Mais il est temps maintenant que nous ayons des projets de vie à long terme. Oui nous devons voyager, mais comment ? Et nos futurs  enfants ?  Et nos familles qui sont restées aux pays ? Et nos  cultures et nos amours ? Je ne crois pas qu’en bon Sénégalais, la longévité d’un séjour en Europe puisse nous enlever notre envie de rester sénégalais. Et rester sénégalais voudrait dire vivre comme un sénégalais avec des enfants comme des sénégalais quelque soit son pays de résidence. C’est une importante responsabilité que tout homme doit prendre en compte dans ses déplacements.
 

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