DOSSIER ÉMIGRATION: et si l’État du Sénégal n’était pas obligé de rapatrier nos dépouilles mortelles ? (Par Malick Sakho)

Les dernières années ont été marquées par la perte en vies humaines dans nos rangs. Cependant si les causes des décès sont multiples et variées ,il n’en demeure pas moins que le nœud du problème ces derniers temps reste comment rapatrier les dépouilles. Et nous sénégalais de l’extérieur à l’image d’ailleurs du sénégalais lambda qui vit au Sénégal rejetons tout ce qui pourrait constituer un ennui sur le dos de l’état. Et l’état ,ayant bon dos et se trouvant dans une situation embarrassante ,ne trouve autre chose que de chercher à résoudre l’équation. Le commun des modou-modou par commodité se lave les mains des choses qui, pourtant avec un peu d'organisation en amont ne sauraient constituer des ennuis. En notre sens si le problème du rapatriement des dépouilles mortelles se pose à notre niveau c'est parce que nous sommes à vrai dire une communauté désorganisée .car comme toute communauté ,les gens naissent grandissent se reproduisent et naturellement sont appelés à mourir.et la grande faucheuse intervient le plus souvent à l’improviste ; au moment où l’on s’attend le moins . si vivre en communauté c’est prévoir ,anticiper  certains événements ,je me demande ce que certaines communautés sénégalaises de la diaspora sont en train de faire. En veritè  dans notre communauté on vit à l’image d’une horde de bêtes féroces ,chacun de nous sort ses griffes ou pour se défendre de l’autre ou tout simplement pour faucher son prochain qui est en train de faire son bonhomme de chemin.

En fait si actuellement on est confronté à certaines difficultés tel que le rapatriement de nos morts c’est parcequ’on  a pas encore compris que toute communauté réfractaire  à l’union ne saurait aller loin. Les émigrés , sachant qu’ils vivent loin de leur pays et qu’il peut leur arriver n’importe quoi , auraient du avoir la présence d’esprit  de se préparer en conséquence .en quoi faisant ? en intégrant les associations ,dahiras et autres respectant les cotisations qui leur permettront  de se doter  des moyens de jouer le rôle qui est le leur  avec plénitude. dans ce cas les associations  auraient la latitude d’assister ses membres car quoi qu’on dise c’est l’un de ses rôles principaux.
Il y a quelques années les émigrés se cotisaient entre eux  de manière ponctuelle et spontannèe  pour assurer le transport  des dépouilles ,mais de nos jours force est de reconnaitre  qu’il n’est plus possible d’amasser de telles sommes vue la conjoncture . et si en amont on avait compris qu’il était impensable  au vingt et unième siècle  qu’une société  veuille  prétendre continuer a patauger dans les eaux ténébreuses de l’informel, on se serait comporté autrement . Ce qui est sur est que toute communauté qui refuse de s’accommoder  aux nouvelles normes disparaitra .
Notre communauté (sénégalais de l’extérieur)doit admettre  qu’il n’est nullement obligatoire pour les pouvoirs publics de supporter les frais relatifs au transport des dépouilles d’où qu’elles puissent venir .vouloir vraiment  demander à l’état de prendre en charge le transport des corps de nos vaillants diambars qui hélas sont tombés sur le champs de l’honneur c’est vraiment  ajouter des perles au chapelet  déjà assez long ,trop long même que l’état du Sénégal se doit d’égrainer au plus vite car chaque perle représente une priorité voire une urgence pour la diaspora. Loin de nous toute intention de vouloir défendre l’état bien au contraire ,nous pensons qu’il doit encore beaucoup faire pour ses fils qui ont choisi d’aller braver les intempéries à l’étranger rien que pour un mieux être.

La vérité en notre sens est que les sénégalais de l’extérieur  doivent inventer des systèmes  qui leur permettront malgré la crise qui perdure actuellement d’assurer ne serait-ce qu’une partie de leurs devoirs. En réalité tant que l’ego des uns et des autres  porte atteinte à l’intérêt du groupe ,on aura toujours mal.  Tant que l’individu occupe le centre au  détriment de la communauté ,on sera toujours les derniers et on en voudra toujours aux gouvernants qui du reste peinent à remplir la mission qui leur est dévolue.  Tant qu’on ne fait pas abstraction de nos egos respectifs pour le  bien de tous ,on sera toujours sur le point de départ alors que les autres partis depuis l’aube seront quasi proches de la ligne d’arrivée.

En dernière analyse  nous retiendrons qu’il est tout simplement  prétentieux et tout à fait injuste de vouloir tout attendre d’un état qui lui-même tergiverse terriblement au sujet des émigrés. Aucune politique claire n’est encore définie en matière  d’émigration. Nous réitérons nos vieilles doléances et exigeons d’être pris au sérieux une bonne fois pour toute. 


MALICK SAKHO(BERGAMO,Italie).

Malick Sakho

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