Djoloff:Tarissement de la vallée du Ferlo, le Djoloff inondé de larmes.Les populations entre espoir et désespoir.

Un décor indescriptible avec un troupeau de petits ruminants délimitent la vue.Sept mois après l’hivernage 2015-2016 l’environnement est simple :d’un côté les prairies asséchées sur tout le territoire des villages riverains de la vallée,de l’autre des marigots taris sous l’œil impuissant des éleveurs.A en croire un vieux rencontré sur place,jour pour jour la vallée fossile ne cesse de se retirer au grand malheur des populations qui ne savent plus à quel saint se vouer. « Que des désillusions a poursuivi le septagénaire comme si c’est la fin d’une série ,dont l’épisode est plus que jamais tragique.L’asséchement de la vallée est un coup dur pour tout un ancien royaume :le Djoloff.De Négué à Mbaye Awa en passant par Mbéyène,Mboula,Mboyenane,Mbeuleukhé,Kalossi, Yang Yang entre autres localités ,les populations ont en commun la même pensée :A quand le cours d’eau recommencera t-il à alimenter en eau le milieu ?,s’interrogent –elles.

Les points noirs d’un cours d’eau.

A rappeler qu’en 2006 un pont dénommé « Kilif » a été bâti devenu de nos jours un gâchis sans précédent regrette Y.Sow.Réalisé pour un montant de 70 millions de nos francs d’après nos capteurs,l’ouvrage n’arrive plus en ce moment à voir la moindre goutte d’eau couler sous ses pieds.Cependant cette importante manne finançière n’est que la partie visible des dégâts collatéraux de l’arrêt du cours d’eau en cause durant la saison des pluies ,l’excédent d’eau des fortes pluies exigent les techniciens du service hydraulique à ouvrir les vannes.En effet cette forte pression menaçant de faire sauter les barrages de Diamant et de Manantaly,déverse ses eaux sur le tracé de la vallée,non sans entrainer des problèmes aux populations affectées par la prolifération des moustiques .

Commencée en 1988,la remise en eau est devenue effective en 1992-1994.L’eau de la vallée venant de Keur Momar Sarr renaît la nostalgie du côté des notables de XER,qui se souviennent qu’en 1950 ,la vallée était douce ,boueuse et poissonneuse.

Les pêcheurs en congé forcé.

On ne le dira jamais assez, avec le rétrécissement des eaux de la vallée ,l’on assiste à un chômage sans précédent des pêcheurs nous apprend un pêcheur habitant de Négué il s’appelle Alassane Samb .Selon lui l’assèchement des eaux de la vallée explique bien la disparition des activités socio-économiques des populations.N’ayant plus que leurs yeux pour pleurer,le collectif des chefs de villages riverains de la vallée fossile du Ferlo se rappelle du bon vieux temps «l’intérêt et l’importance pour ne pas dire les avantages des eaux de la vallée se passent non sans commentaires,car la pêche,l’agriculture et l’élevage faisaient partie du décor qui peuplait les activités socio économiques des habitants ;à cela s’ajoutent le rechargement des nappes phréatiques, la faune , la flore ,la confection des palissades en typhan,l’exploitation du sel d’après l’enseignant Cheikh Samb demeurant à Mbéyène sont aujourd’hui tous inexistants dans le milieu.
Le regard obscur de l’éleveur.
Si les pêcheurs ont durement ressenti l’assèchement de la vallée,pour ce qui concerne les éleveurs eux aussi ne sont pas en reste.En effet ,du fait des panne de forages et leur vétusté ,le bétail paie un lourd tribu et se refugie à la transhumance à la recherche des cieux plus céments .Toutefois avec la phase d’étude du projet de revitalisation de la vallée morte du Ferlo qui se trouve déjà sur la table du gouvernement ,cela aidera les populations du Djoloff à garder espoir et sourire comme quoi sous peu de temps l’on assistera à la réouverture des vannes. Le moins que l’on puisse dire le Djoloff a un seul souhait c’est l’écoulement des eaux de la vallée morte du Ferlo gage d’un développement durable dans la localité.

Salla Ndiaye ,Linguère.

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