Bismillahi Rahmani Rahim

Gratitude  éternelle au Seigneur Tout- puissant qui nous a dévoilés de la boue et nous a gratifiés de la joie d’un jour de fête à travers L’Eid al Kabîr.  

Paix et salutations à notre Prophète bien-aimé Mohammed (sws)  qui a transformé en une commémoration l’obéissance de son prédécesseur le prophète Abraham (sws)  et la soumission sans ambages de son fils Ismaël  (sws)  

Honorables croyants

Réunis ici pour respecter cette tradition de prière qui est un symbole de L’islam ; rendons d’abord  grâce à Dieu d’être présent avant de sacrifier à la formule d’usage qui consiste à souhaiter à toute l’Oummah  « Eid Moubarak – Dewanati. ».

Au demeurant  voilà une célébration qui trouve toute sa portée en ce qu’elle magnifie au passage  l’odyssée de l’islam comme religion universelle et le mémento de vies exemplaires des prophètes qui nous ont précédés et guidés. Dans ce cas-ci présent ; par l’acte de sacrifice d’un animal, nous renouvelons par là-même notre foi dans l’unité et notre conscience d’être des serviteurs d’Allah. En effet en acceptant de se plier à la volonté  devine, ce fut un acte fort de croyance que posa Abraham (sws) en ce jour. Corrélativement son fils y consentit sans ambigüité. Ainsi ils nous enseignent par là-même l’attitude qui doit habiter le croyant devant l’épreuve. D’ailleurs c’est à cause de cette action magnanime et beaucoup bien d’autres qu’Allah dans sa bonté nous décrivit le Prophète Abraham (sws) en ces termes : « Abraham était un guide (umma) parfait. Il était soumis à Allah, voué exclusivement à Lui et il n’était point du nombre des associateurs. (.)  Il  était reconnaissant pour Ses bienfaits et Allah l’avait élu et guidé vers un droit chemin. » .  Sourate 16 versets 120-121  -Coran.

Par essence ce sacrifice ne se fait pas non plus pour la rédemption des péchés, comme dans les périodes préislamiques. Au contraire ce sont la foi et la piété qui sont sobrement visées. Ceci Allah nous en informe parfaitement  dans le Coran au verset 37 de la sourate  Al Hajj 22 : «  Ni leurs chairs ni leurs sangs n’atteindront Allah mais ce qui L’atteint de votre part c’est la piété. Ainsi vous les va-t-il assujettis afin que vous proclamiez la grandeur d’Allah, pour vous avoir mis sur le droit chemin .Et annonce la bonne nouvelle aux bienfaisants. »   

Face à cette épreuve de foi qui lui demanda de sacrifier son fils, le prophète Abraham (sws)  demeura stoïque comme s’il avait compris de bonne heure que les tests sont au demeurant une clause intégrale du contrat de dévotion que tout un chacun signa avant son exil sur la terre. Et qui dit épreuves sous-entend inexorablement la souffrance et les peines qui y sont insérées. Alors serions-nous tentés de conclure que nous sommes testés dans notre foi par cette épidémie de  Covid 19.

Il est certain que l’histoire du monde est jalonnée de pandémies : Des dix  plaies de l’Egypte ancienne à l’épidémie de la peste du 19e siècle ; les exemples ne manquent pas. Mais pour le croyant sincère cet épisode sert de prime abord comme un avertissement. «  Toute âme doit gouter à la mort .Nous vous éprouverons par le mal et par le bien (à titre) de tentation.Et c’est à nous que vous serez ramenés. » (Coran sourate 21-35).

Dans ce cas-ci la pandémie correspond à un contexte de corruption du monde jamais égalée. Dans une course folle pour amasser les biens on semble reléguer au second rang la notion de Dieu et d’adoration. Dans un élan annonciateur, notre guide Cheikhoul Khadim écrivait déjà  dans son poème AXIRUL  ZAAMAN : «  faltah lamou ya djoumlatal ikhwani – bi annakoum fi akhiriz zamani    (nous voyons les signes qui annoncent l’approche de la fin du monde. Tout  homme lucide devra se conformer à ces recommandations > ». «  hazaaz zamanou akhbahouz zamani likach ratil hisyani fil bouldani (Cette  époque est la pire de toutes car les péchés sont nombreux dans tous les pays)  wa kach ratil amradhi wal askhmi – wa kach ratil mawti halal akhwami (les maladies et les maigreurs deviennent nombreuses et le taux de mortalité également accentué)

De cette crise identitaire au niveau personnel découle une crise des sociétés que le virus a fini d’exposer. En effet la pandémie mondiale de coronavirus est venue révéler de manière éloquente la somme de faillites des systèmes de pensée modernes et avec elles les conséquences de certaines politiques économiques. C’est aussi la banqueroute d’une certaine vision du monde toujours plus orienté vers le profit plutôt que le bien-être social. Ainsi la  pandémie ouvre d’une manière béante  les inégalités criantes du monde actuel et soudainement elle prive de besoins humains fondamentaux en plaçant des millions de personnes devant le risque d’une perte d’accès à leurs moyens de subsistance.

En d’autres termes la situation d’urgence sanitaire liée au covid 19 s’est rapidement transformée en une crise située au cœur même de l’économie mondiale. Elle a modifié le pseudo équilibre entre Etat et marché confirmant une fois de plus la vacuité d’un capitalisme à outrance. Un système économique basé sur la concurrence et la recherche du profit coûte que coûte,  l’une et l’autre garanties par de puissants Etats, s’est montré incapable de faire face de manière sereine à un choc de sante publique. L’organisation sociale s’avérant  dysfonctionnelle,  la question que le musulman doit se poser est de savoir que faire alors devant cette situation.

Pour répondre, disons d’abord  qu’à un niveau personnel il convient de se référer aux mots de la tradition. AICHA  (ra)  a ainsi rapporté avoir interrogé le prophète sur les pandémies et il avait répondu «  c’est une punition qu’Allah envoie à qui il veut. Mais Allah en fait une miséricorde pour les croyants. Tout serviteur qui réside dans un pays touché par la peste, qui reste patient et qui espère une récompense d’ALLAH, Qui sait que rien ne lui arrivera à part ce qu’Allah a décrété recevra la récompense d’un martyr. »(Boukhari).

Voici donc le concept de souffrance dans l’épreuve et de confiance de Dieu à nouveau posé à l’aune du verset Abrahamique «  Hasbounallah  wani’emal wakiil. Dieu est notre Garant et quel Meilleur Garant  ». Positivement parlant notons que si la souffrance est la porte d’entrée pour une introspection de l’homme ; elle permet aussi à un retour vers Dieu tout en accroissant les rangs du croyant. En cela elle permet de purifier des  péchés tout en renforçant spirituellement et émotionnellement. Donc demeurons stoïques face à cette épidémie ! 

Autant Cheikhoul khadim préconise dans AAXIROUL ZAMAN  ceci : «   hazaz zamanou zamanous soukouti  wa zamanoul louzoumi  lilbouyouti (cette époque est une époque d’observance (motus et bouche cousue) tout en s’isolant dans les maisons). Wa zamanour ridha bidha bidounil khouti wa zamanouz zoudhi mahas soumouti (c’est également une époque ou il faut vraiment s’isoler ou s’enfuir vers les pierres ou les housses). Dans djazboul mouride il réitère tout le substrat de cette action en synchronisant : N’attendez donc pas le jour dernier pour agir. Si vous le faites, vous le regretteriez amèrement car l’opportunité serait passée et il ne vous resterait alors que du regret. »

Chers croyants 

Ne soyez pas avares en dons en ce moment-ci car les charités peuvent nous protéger  des épreuves et tribulations de ce monde. Certes respectons les mesures sanitaires de distanciation  et du port obligatoire du masque mais n’oublions pas de faire du  sadaqa car comme le conseille le prophète Mohammed (sws)   «  les aumônes sans attendre se dressent face aux calamites ( Tabarani).

A un niveau plus global  il est certain que la  pandémie a montré les faiblesses des  systèmes en cours. Un renouveau mondial s’impose. Dans cet élan la question de la réorganisation sociétale  se pose avec acuité. Ceci n’est pas seulement dans l’intérêt du travailleur mais de l’homme tout court cherchant la félicité des deux mondes. La vie sur cette terre se résume en l’adoration de Dieu et non le profit. En cela les concepts de djihadoul Nafs (guerre contre l’âme charnelle) et de khidma (travail) sont la solution comme l’enseigne la Mouridiyya.

En conclusion pointons que par ce geste d’Abraham nous entendons célébrer ce que l’islam offre de plus admirable. C’est-à-dire une religion qui accepte le legs de tous les prophètes ; une religion de paix qui veut que l’on mette de côté toutes nos différences pour le renouveau de la foi ; spécialement en ce jour. C’est aussi un jour de célébration de la patience telle que enseignée par le prophète Abraham (sws) ; un moment ou le  partage et la  solidarité doivent atteindre leur apogée. 

Assamaleikum wa rahmatoullah

Soubhana rabbika rabbil hizzati hamma yaacifouna .Wa salamoune halal moursalina wal hamdou lillahi rabbil halamina

Gloire a ton Seigneur, Le Maitre de la puissance. Il est au-dessus de ce qu’on Lui attribue. Accorde Ton Salut aux Envoyés. Louange à Dieu Le maitre des mondes .

Serigne Khadim Lo Gaydel

Touba Baghdâd

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