L’un des plus grands problèmes de notre vieux continent c’est d’être une grande caisse de résonnance constituée d’une jeunesse pléthorique sous formée et colporteuse de tout et n’importe quoi. Les affres de l’histoire ont nourri la haine et le fort sentiment de panafricanisme qui motivent une bonne partie de nos populations africaines qui se délectent des envolées irréfléchies de certains activistes, mais aussi des litanies incompréhensibles et souvent fausses de ces experts légitimés qui ont passé le plus clair de leur temps à raconter toutes sortes de contre vérités sur le Franc CFA. Oui cette monnaie a cette tare congénitale liée à la colonisation et qui indispose tous les africains. Mais c’est bien notre monnaie puisqu’elle rempli bien pour nous ces fonctions d’intermédiaire des échanges, d’unité de compte, et reste aussi une réserve de valeur dans notre zone UEMOA et au-delà. Nos économistes et autres experts en monnaie n’ont cessé depuis plusieurs décennies de réfléchir à une intégration sous régionale des états de l’Afrique de l’ouest qu’on peut diviser en pays anglophones et francophones. C’est juste notre histoire et elle nous définit malgré sa face hideuse englobant l’esclavage et la colonisation. Depuis 1983 tout le monde s’attèle donc a trouver les moyens techniques pour arriver à une union monétaire ouest africaine de la CEDEAO. La meilleure trouvaille a été de créer une ZMAO avec une BCAO comme projet à l’image de nos pays de l’UEMOA avec la BCEAO. Les 6 pays de la ZMAO avaient jusqu’en 2015 pour réussir leur monnaie commune qui fusionnerait avec notre CFA de la zone UEMOA pour donner ce qu’il est convenu aujourd’hui d’appeler ECO. Tout le monde est bien sûr d’accord pour un lancement de cette nouvelle monnaie en 2020 dans une zone Ouest africaine avec une parité flexible adossée à un panier de monnaies, pour sortir de la parité fixe de notre zone UEMOA vis-à-vis de l’Euro. La France a accepté le principe de sortir de notre comité de politique monétaire et du conseil d’administration de la BCEAO, mais mieux, elle est prête a nous restituer nos réserves de changes tenues dans le compte d’opération ouvert dans les comptes du trésor Public français et détenus par la Banque de France. Nous pouvons même faire imprimer nos billets où nous voulons, depuis toujours. Chamalières n’est qu’un choix objectif de rapport qualité prix pour un service que nous ne pouvons pas encore nous rendre nous-mêmes. La zone UEMOA a tenu son rôle, elle a appris à se discipliner et à tenir une inflation ne dépassant pas les 3%. Elle a surtout réussi à se relancer au point que les pays font presque tous de la croissance soutenable depuis une décennie. La zone ZMAO n’a jamais réussi à créer sa BCAO et le Nigéria, figure de proue fait 17% d’inflation quand le Ghana entame en 2019 la 25eme année successive de dépréciation de son Cedi. Autant dire qu’il n’ya jamais eu de volonté réelle et sérieuse de ces pays de réunir les critères de convergence pour pouvoir aller tous ensemble dans un Eco flexible. Il nous semble donc que le fait de crier Haro sur cette déclaration de la zone UEMOA d’appeler ECO notre bon CFA, mais en gardant encore une parité fixe avec l’euro le temps d’y voir clair ne peut pas constituer autre chose qu’une supercherie. Ceux qui se servent de ce non événement pour pointer nos pays UEMOA du doigt ignorent beaucoup de choses ou se laissent encore berner par ces experts malhonnêtes qui ont tenté de nous faire croire à beaucoup de choses fausses pour légitimer notre sortie vaille que vaille du franc CFA :

Les réserves de change ont enrichis la France : FAUX ils représentent 0,25% de la dette de la France et sont rémunérés à 0,75%, ce qui représente l’un des meilleurs taux d’intérêt du marché. A cause de ces vociférateurs la France va nous restituer ces réserves dont la contrepartie en CFA n’a jamais souffert de rapatriement aux bénéficiaires. Aujourd’hui le risque de devoir les faire garder à un taux négatif est réel si tant est que la plupart des comptes de dépôt en euros fonctionne au taux de 0%

voire avec des taux négatifs. Pour nos devises comme pour nos réserves d’or nous n’avons pas d’autres choix pour le moment que de les faire garder à l’étranger.

La France avait un droit de Veto sur notre politique monétaire et sur l’administration de la BCEAO : FAUX la présence dans le comité de politique monétaire ne peut constituer un droit de veto puisque les décisions se sont toujours prises à la majorité simple des voix. La voix de la France ne peut supplanter les voix de nos pays dans le comité de politique monétaire. Le consensus étant la règle, en cas de manque de consensus le vote ne peut que mettre en minorité la France.

La parité fixe est responsable de notre manque de compétitivité : FAUX le monde a fonctionné jusqu’en 1972 en parité fixe avec le dollar. Cela n’a jamais empêché les pays industrialisés de se développer et de compétir dignement sur le marché international. La compétitivité obéit à plusieurs facteurs combinés dont le soubassement est d’abord et avant tout la production suffisante de biens et services sur le marché international avant d’être encore plus que ça, c’est-à-dire la capacité de les vendre sur un marché en situation de concurrence. La parité sera fixe avec l’euro ou flexible vis-à-vis surtout du dollar, mais elle n’est pas responsable isolément de notre manque de compétitivité. Dans tous les cas je tiens à signaler que le Sénégal comme la Cote d’Ivoire tiennent bien leurs places dans la notation de la dette souveraine des pays d’Afrique et du monde et le site https://fr.contryeconomy.com/gouvernement/ratings vous démontrera à souhait que seuls le Bostwana, le Maroc et l’Afrique du Sud ont une meilleure note que ces pays qui servent de locomotives à l’UEMOA.

En somme la supercherie des panafricains émotifs combinée à celle des pays de la ZMAO, laissent planer le doute sur la sincérité des pays de l’UEMOA, qui selon toute vraisemblance ne veulent pas de l’ECO de la CEDEAO. La vérité c’est que ce sont bien les pays de la ZMAO qui trainent les pieds convaincu par le Nigéria qui semble vouloir entrainer tout le monde dans l’indiscipline monétaire d’un Naira qui valait 375 f CFA et qui vaut désormais moins de 2f CFA. Le géant démographique et économique aux pieds d’argile ne sait pas bien se tenir, l’UEMOA ne saurait être responsable de cette fragilité macroéconomique. Merci à Macron, à Ouattara, à Macky SALL et à tous nos chefs d’états, de nous garantir une stabilité le temps de la mutation. Que quelqu’un aille dire aux colporteurs et consort de se taire, ils ont montré leurs limites. La farce est de mauvais gout, et la supercherie a assez duré.

Pape SARR

Plateforme Ecocitoyenne

des Responsabilistes Actifs

PERA SENEGAL

perasenegal@gmail.com

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