Le Djoloff « fait allégeance » à Idrissa Seck : le département de Linguère va-t-il basculer ?

La rencontre annuelle entre Idrissa Seck et ses militants du département de Linguère revêtit hier tout un autre cachet. La délégation de 250 responsables conduite par Aly Saleh Diop était « enrichie de nouveaux alliés à la cause du Président de Rewmi », signale un responsable.

La présence remarquée de Awa Bâ désormais ex-responsable de l’URD de Djibo Kâ dans le département de Linguère, de Ndongo Niang qui a rompu avec le CRC d’Aliou Dia a failli masquer un autre évènement politique majeur : le ralliement de conseillers ruraux démissionnaires du Parti socialiste et d’un groupe de d’ex-responsables du PDS accompagnant la délégation qui a envahi le Cybercampus de Thiès dès les premières heures de la matinée avec, entre autres, Maniang Niang, la responsable des femmes Seynabou Ndao, Abdou Dièye, Ibrahima Ndiaye. « Nous sommes venus à la rencontre de notre leader », lance ce responsable des jeunes qui ajoute « le Djoloff en avait bien besoin de renouer avec cette traditionnelle rencontre instituée depuis 2006 ; c’est même une fierté pour notre terroir ».

« Belle transition entre deux étapes d’une tournée d’écoute des acteurs socio-économiques dont le point focal fut l’agriculture », remarque un membre de la cellule de communication de Rewmi. Après le rappel des « faits saillants de l’histoire du terroir », non sans émotion, interrompant son discours à plusieurs reprises, Aly Saleh Diop a fait l’inventaire des problèmes économiques de cette région : la négligence de l’agriculture, manque d’eau, non exploitation adéquate des ressources.

Idrissa Seck tentera de rassurer ses hôtes du jour en dressant la liste des mesures sur lesquelles son équipe travaille « dans le cadre de la valorisation de cette région » dont il compte faire « le pôle de développement et de modernisation des activités sylvo-pastorales ».
Pour lui, « il est incompréhensible que l’on parle de problèmes alimentaires dans un pays et qu’en même temps l’on jette des centaines de litres de laits par défaut de moyens de conservation ». Sur le sujet précis de l’élevage, il dit avoir « élaboré un programme de formation et de suivi sur les techniques ». Il compte généraliser « un système de validation des acquis professionnels par l’expérience », se disant « persuadé que le Sénégal pourrait, comme dans d’autres domaines, exporter le savoir faire de ses ressortissants ».

La promesse fut, même, faite aux Linguérois que leur département va recevoir sa visite « chez les éleveurs et pasteurs de Dahra », dans le cadre de la tournée d’écoute qui « reprendra dès la semaine prochaine»

Les clins d’œil de l’histoire et enjeux du moment

Ce fut un « grand moment », nous dit un conseiller assis aux côtés de Léna Sène et d’un autre membre du Cabinet d’Idrissa Seck, « un de ces rares moments, en politique, où l’épaisseur historique et les impératifs du moment se rejoignent », dira t-il, juste avant le discours de ce dernier.
Mais, ce sont les nostalgiques du passé et les fans de storytelling qui ont été les plus servis : le responsable de Linguère a, dès l’entame de son adresse, rappelé que cette rencontre était plutôt, un « retour de l’histoire » car c’est, aussi, du Cayor « qu’était partie Seynabou Amadou Yella Diop, sœur de Lat Dior et mère de Alboury Ndiaye pour venir semer dans ce Djolof, fertile à tout point de vue, la graine qui allait germer et produire l’une des plus belles pages de l’Histoire du Sénégal et de l’Afrique ».

C’est un Idrissa Seck attentif à ces clins de l’histoire et généralement aux signes et symboles qui, dans son discours, rendit hommage à ce terroir dans une salle surchauffée. Il commence par rappeler que le « rayonnement du Djolof, marqué aussi par nos grands guides religieux, Cheikh Ahmadou Bamba et El Hadji Malick Sy, était aussi le fait de ses fils ». Il cita cette « rencontre entre Lebbi, un fils de Waré Diaby Ndiaye dit Abou Dardâ, ancêtre de Ndiadiane Ndiaye et qui fut, dès 1056, le premier sénégalais à avoir fait allégeance aux Almoravides ; ce qui facilitera l’expansion première de l’Islam au Sénégal dès le 11è siècle».

Est-ce une manière à Idrissa Seck d’insinuer que l’allégeance du Djoloff était, aussi, source d’espoir pour le candidat, « désormais investi par Linguère », comme dira ce responsable Rewmi Mamadou Alpha Sylla ?

Les représentants des familles religieuses de Mboula, El Hadji Cheikh Mbengue, et de la famille Dia de Mbeuleukhé étaient aussi du déplacement qui ont « renouvelé leurs soutien et prières à Idrissa Seck ».

Mais le discours politique revient vite au galop lorsqu’Idrissa Seck s’arrêtera longtemps sur la « candidature de Wade qui ne peut être validée » ; Il conclut que « si Wade est prêt à tout pour violer la constitution, nous serons prêt à tout pour la faire respecter », tout en disant que son objectif était « la préservation de la paix sociale et de la stabilité du Sénégal », rappelant qu’« aussi bien Senghor et Abdou Diouf se sont souciés de la quiétude du pays en respectant ses institutions qui sont le gage de sa bonne marche ».

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