Commentaire de Momar Talla Beye : Aly Ngouille Ndiaye nouveau ministre de l’Energie et des mines – Linguère tient son rang

La tradition est encore sauve : Linguère a toujours eu, de l’indépendance à nos jours, ses fils présents dans les différents attelages gouvernementaux. Point n’est besoin de rappeler les empreintes laissées par feus Maguette LO et Daouda SOW. Que dire encore de Djibo Leyti KA qui a été omniprésent dans les différents gouvernements lors du règne des socialistes et récemment ministre d’Etat, ministre de l’Environnement, comme d’ailleurs Habib SY qui a ouvert les portefeuilles de l’Agriculture, des Transports,…et tout dernièrement ministre d’Etat et Directeur de cabinet du président de la République.

Cependant cette présence de ministres djolof-djolof dans les différents gouvernement n’a jamais permis de sortir le Djolof dans l’abîme ontologique d’où il s’est ancré depuis la fin de la royauté. Combien de fois les djolof-djolof se sont plaint de l’état de dégradation de la route Touba-Linguère ? 100 kilomètres, malgré un rafistolage restrictif, qui continuent d’éreinter les nombreux voyageurs qui empruntent ce tronçon. A l’intérieur, c’est le désert routier : aucune route bitumée à part le tronçon Dahra-Linguère-Barkédji, les pistes de production sont quasi inexistantes alors que Linguère est au cœur du Sénégal. Elle a des limites communes avec les régions de Matam, Diourbel, Tamba, Fatick et Kaolack, une position qui fait d’elle un carrefour économique inexploité.  Aller à Labgar 70km de Linguère ou à Gassane (80 km) est aujourd’hui un véritable parcours du combattant.

Linguère a été délaissée dans son compartiment le plus bénéfique qu’est l’élevage : une activité qui est toujours maintenue à l’état primitif. On a longtemps agité l’installation à Linguère d’une unité industrielle de transformation des produits dérivés de l’élevage, mais à l’arrivée rien. Tout le monde est au courant des quantités palpitantes de lait caillé que les éleveurs déversent chaque année dans les mares faute de pouvoir les conserver. Combien gagneraient les femmes, les jeunes, bref la population de linguère à transformer le lait en fromage ou autres ? Combien gagneraient-ils à exploiter la palette de peaux de mouton ou de bœuf qui atterrit à Dakar avec un prix dérisoire ? Aujourd’hui, malgré l’importance de son cheptel, un grenier du Sénégal, le Djolof peine à avoir un abattoir moderne. Bizarre non ? Même situation pour l’agriculture, aucune politique viable pour une culture de contre saison productive n’est vivement encouragée. L’espoir suscité par la revitalisation des  vallées fossiles du président Diouf n’a pas eu le même élan avec le réseau hydrographique national de Wade. Les bassins de rétentions ont plus servi au breuvage des troupeaux qu’aux périmètres maraîchers qui ne l’étaient que de nom. Le lac de Dodji tant chanté en valeur n’est qu’un énorme chantier à l’arrêt. En réalité à Linguère on a toujours privilégié l’apiculture là où il faut carrément faire une chirurgie.

Pour développer Linguère il faut une rupture fondamentale. Le nouveau tout ministre de l’énergie et des mines Aly Ngouille Ndiaye est attendu sur ce domaine. Et véritablement il a un bon passif à linguère, précurseur du forum « Ensemble développons le Djoloff », il a semé une graine d’espoir dans un désert bancaire : la Mutuelle d’épargne et de crédit du Djolof (Djomec). Une institution de micro finance qui a impulsé le développement au Djolof malgré les coups de boutoirs de pas mal de détracteurs. Ensuite il a un niveau de conscience élevé du développement de son terroir. Il est ministre de la République, républicain jusqu’au bout il doit l’être. Chaque fois qu’il sera sur la table durant les conseils des ministres, lorsque les projets sont élaborés point n’est besoin de lui rappeler que Linguère a énormément d’urgences. Et pour réussir le pari il faut s’entourer des meilleurs, de ceux qui te diront la vérité, de ceux qui n’auront pas goût aux éclusives et même aux effluves des postes de responsabilité. Des flagorneurs et autres laudateurs vont roder autour de la proie pour déclamer le slogan qui a fait perdre les autres : « affaire bi yaw la ! ». Certes affaire bi yaw la !, parce que tu as été le principal artisan de la déroute de deux ministres d’Etat avec leurs député et sénateurs dans le djolof,  mais tu as toujours su maintenir la tête sur les épaules. L’explosion de joie qui a retenti à Linguère après votre nomination est prémonitoire de l’élan d’accompagnement des djolof-djolof. Les préjugés sont favorables nous osons espérer que votre passage aura un bénéfice indélébile pour le djolof.

Cependant le djolof-djolof ne doit plus s’empêtrer dans ses vieilles habitudes néfastes : attendre tout des politiques. Un édifice se bâtit avec toutes les forces vives existantes, brique après brique. Jonché sur une position erratique, il a toujours tendu la main pour recevoir la perche du politique qui ne vient souvent pas ou qui vient avec du venin…politicien. Il doit quitter les Grand-Places embaumées de calomnies et de médisances pour intégrer les couloirs clairvoyants des initiatives novatrices de développement. Il n’a plus le droit d’être un sempiternel champion à l’applaudimètre ou servir de guirlande aux politiciens. Jusque là il ne l’a pas fait mais le Djolof-djolof doit véritablement éviter de s’engager dans les pièges abscons…définitivement.

 

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