Par Babacar Guèye DIOP – En termes de mobilisation, c’était mieux que 2002, meilleur que lors de la venue de l’actrice Vaidehi et largement plus fort que 2019. Un peuple, un but, une foi… La devise du Sénégal n’a jamais été aussi symbolisée qu’hier. Drapés aux couleurs nationales, le vert, le jaune et le rouge, ils étaient venus célébrer leurs héros, les hommes de l’exploit de Yaoundé. De l’aéroport militaire de Yoff, la Vdn, l’Ucad, Tilène jusqu’au palais de la République, c’était une marée humaine jamais constatée lors d’une campagne électorale ou dans une marche pacifique. Les Sénégalais, tous âges confondus, ont déferlé, dans un élan aux relents de communion rarement vue au Sénégal. Hier, il était question de Patrie, d’un Peuple en liesse qui fêtait son premier sacre en Coupe d’Afrique des nations (Can).

Dakar à l’arrêt
Au lendemain du triomphe au pays des Lions indomptables, les Sénégalais s’étaient donné rendez-vous à l’aéroport de Yoff. Des Parcelles Assainies à Malika en passant par Grand-Yoff et presque toutes les communes de Dakar, les supporters ont très tôt investi l’autoroute qui mène à Yoff. Il est 11h, ces bus Tata et des cars «Ndiaga Ndiaye», venant d’horizons divers, prennent le chemin de l’aéroport. Alors que vuvuzélas et sifflets dominent l’ambiance, des batteurs chantent les louanges du Sénégal. «Yaye jambar», scandent en chœur des groupes de supporters qui courent vers le lieu d’attraction du jour.
Au rond-point de Yoff rebaptisé Place Mamadou Diop, des vagues de centaines de personnes se rejoignent. Les deux allées de route sont bloquées au grand dam des automobilistes. Désormais, circuler à Yoff et ses alentours est un véritable casse-tête, un exercice pé­rilleux voire délicat. Aux arrêts, les chauffeurs ne sont pas pour autant fâchés. Voitures colorées en vert, jaune et rouge, ils participent à la fête à l’aide de klaxons.
Chez les vendeurs d’articles, on se frotte les mains. Bandeaux, t-shirts, drapelets et sifflets se vendent comme de petits pains tandis que la plupart des milliers de supporters sont habillés en maillots de l’Equipe du Sénégal de 2002. Vers 18h, comme une traînée de poudre, une rumeur se répand tendant à faire croire que Aliou Cissé et ses hommes ne vont pas prendre le chemin de Yoff. Mines déconfites, certains commencent à manifestent leur dégoût, d’autres affichent leur déception en rentrant chez eux. Des informations vite démenties, la foule reprend ses chants alors que le jour tente impuissamment de résister aux assauts du crépuscule.
Vers 20h, Abdou Diallo, El Hadji Diouf, Cheikhou Kouyaté et consorts apparaissent. C’est l’extase, le moment où la foule devient folle. Le drapeau national flotte de partout et les jets de pétards rivalisent dans l’air. Abdou Diallo, Edouard Mendy et El Hadji Diouf tendent le trophée au ciel et chaque supporter veut immortaliser l’image avec des selfies. La bousculade n’est jamais loin dans cette impressionnante marée hu­maine. Une caravane qui s’est poursuivie jusqu’au palais de la République.
bgdiop@lequotidien.sn

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