Allo Docteur #5: L’obĂ©sitĂ©

Le cinquiĂ©me numĂ©ro de votre rubrique « Allo Docteur » que vous prĂ©sente rĂ©guliĂšrement Djoloffactu.com en collaboration avec le Docteur EL H. Malick Niang revient sur l’obĂ©sitĂ©. Elle est devenue la pathologie de la nutrition la plus frĂ©quente dans les pays industrialisĂ©s, largement dĂ©pendante du style de vie, de la sĂ©dentaritĂ© et des comportements de la consommation et doit ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une maladie.

I. L’obésite. Késako ?
L'obésité se définit par index de poids corporel (Body Mass Index ou BMI pour les anglo-saxons) supérieur à 30kg/m2. Autrement dit : c’est le poids de l’individu en kg sur la taille en mètre  élevée au carré. On distingue :

  1. l’excès pondéral (BMI entre 25 et 29.9 kg/m2)
  2. l'obésité comprenant 3 classes:

L’obésité de type I (BMI entre 30 et 34.9 kg/m2), l’obésité de type II ou obésité sévère (BMI entre 35 à 39.9  kg/m2), et l’obésité de type III ou obésité morbide (BMI>40 kg/m2).

II. L’intérêt :

  1. L’obésité est un véritable problème de santé  publique, en raison de ses conséquences drastiques.
  2. En France elle atteint 10 % de la population adulte.
  3. L’obésité est prédominante chez les femmes.
  4. On note actuellement un accroissement de l’incidence chez les enfants.

III. Quels sont les signes ?

  1. L’obésité androïde, plus fréquente chez l’homme avec: faciès (face) arrondi et coloré, ventre proéminent avec vergetures parfois rosées.
  2. L’obésité gynoïde, surtout féminine: prédominance de l’adiposité sur le bassin et les cuisses intensité ; et asthénie fréquente

IV. Quelles sont les causes ?

  1. Alimentation
  • La consommation de lipides contribue à l’augmentation des apports caloriques du fait de la densité calorique. Les effets peuvent être particulièrement marqués chez les individus ayant une plus faible capacité à oxyder les lipides et à les stocker.
  • Déstructuration des rythmes alimentaires (repas sautés, grignotage, télévision)
  • Troubles du comportement alimentaire
  • Prise d’alcool

   2. Sédentarité
   3. Génétique : le risque d’être obèse est plus élevé dans les familles de sujets obèse.
   4. Déterminants sociaux et culturels : intégration, moyens financiers ; mode.

V. Les complications :
C’est l’obésité androïde (surtout abdominale) qui expose aux complications métaboliques et cardio-vasculaires.

a) Diabète sucré
– Un obèse sur six devient diabétique
– 8O % des diabétiques adultes sont ou ont été obèses (surtout de type androïde).
– curabilité par le régime hypocalorique

b) Troubles cardio-vasculaires
L’obésité est un facteur de risque indépendant
– risque accru d’infarctus du myocarde (pour BMI>29)
– associée avec l’hypertension artérielle(HTA) (risque x3)
– augmentation du risque d’AVC

c)Troubles respiratoires
– dyspnée d’effort, puis de repos
– syndrome de PICKWICK associant en plus des accès de somnolence
– syndrome d’apnée du sommeil (SAS)
– coeur pulmonaire chronique avec insuffisance ventriculaire droite, hypertension artérielle pulmonaire
– complications thromboemboliques (embolie pulmonaire) et broncho-pneumopathies chroniques

d) Dyslipidémies
– les hyperlipémies sont plus fréquentes (x5)
– le plus souvent hypertriglycéridémies
– en cas d’obésité abdominale, chute du cholestérol HDL et présence de petites LDL denses athérogènes, diminution de la fibrinolyse (syndrome X)

e) Autres complications:
– mécaniques : troubles de la circulation veineuse, arthroses
– métaboliques : goutte, lithiase rénale
– endocrinienne : troubles des règles
– cutanées : intertrigo
– chirurgicales : risque opératoire accru, infection pariétale et lâchage des sutures
– carcinologiques : risque accru de cancer de l’endomètre ou de la prostate

VI. Le traitement de l’obésité

1° Les mesures hygiéno-diététiques
  Essentiel du traitement doit être expliqué en détail

  • Régime hypocalorique peu restrictif et personnalisé:
  • Réduction des matières grasses, maintien des sucres lents pour éviter les fringales.
  • Équilibré, normalement salé, réparti en 3 à 5 prises alimentaires
  • Boissons hydriques exclusivement, au moins un litre par jour
  • Exercice physique modéré mais régulier (30mn de marche rapide/ jour) favorisant la perte de poids en préservant la masse maigre, avec un effet préférentiel sur la graisse abdominale

  2° La psychothérapie

Elle est toujours nécessaire sans qu’on puisse en systématiser les modalités.

  3° Les mesures accessoires

  • Les médicaments:

– inutiles ou dangereux (hormones thyroïdiennes, diurétiques, anorexigènes).
– adjuvants parfois précieux : médicaments sédatifs simples, voire anxiolytiques ou antidépresseurs
– les fenfluramines (dérivés sérotoninergiques) ont été retirés de la vente (risque d’hypertension artérielle pulmonaire)
– l’Orlistat, inhibiteur des lipases digestives,
– la sibutramine, a une action anorexigène avec un effet noradrénergique et sérotoninergique.

  • la chirurgie:

– chirurgie " bariatrique ": gastroplastie de réduction pour obésités " morbides " (définies par un excès de poids > IOO %)
– chirurgie plastique pour corriger certaines séquelles après amaigrissement (ptose mammaire, tablier abdominal)

Dr EL Hadji Malick Niang

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