Affaire AĂŻcha Diallo : L’État ouvre une enquĂȘte et promet des sanctions

L’affaire AĂŻcha Diallo, du nom de la fille dĂ©cĂ©dĂ©e aux urgences de l’hĂŽpital de Pikine, est prise trĂšs au sĂ©rieux par les autoritĂ©s sanitaires. Le Ministre de la SantĂ©, Abdoulaye Diouf Sarr, sort ses griffes et promet de prendre des mesures drastiques contre les nĂ©gligences mĂ©dicales.

‘’Errare humanum est, perseverare diabolicum’’. Les erreurs mĂ©dicales font de plus en plus parler d’elles. Mais l’affaire Aicha Diallo est venue souffler sur les braises et raviver les flammes de l’injustice sociale oĂč vit cette catĂ©gorie de citoyens qui n’a pas les moyens financiers de se soigner.
Cependant le Ministre de la SantĂ© a dĂ©cidĂ© de prendre le taureau par les cornes. C’est dire que l’HĂŽpital de Pikine se trouve dans le collimateur des autoritĂ©s sanitaires. Abdoulaye Diouf Sarr vient d’annoncer qu’une enquĂȘte est ouverte pour situer les responsabilitĂ©s. Le Ministre de la SantĂ© se dit ferme et catĂ©gorique : ‘’quel que soit le rĂ©sultat de cette enquĂȘte, nous prendrons les dispositions qu’il faut et sans Ă©quivoque. Les auteurs seront sanctionnĂ©s s’ils sont coupables’’, a rassurĂ© Abdoulaye Diouf Sarr. Avant d’en rajouter cette couche : ‘’Dans ce systĂšme de santĂ©, il faut toujours se battre pour faire sortir les personnes qui n’ont pas la conscience de servir la santĂ© ».
« Face Ă  l’urgence, on ne peut pas mettre l’argent comme condition. La responsabilitĂ© de l’hĂŽpital, c’est de prendre en charge le malade et de le soigner’’, enrage-t-il, la mort dans l’ñme. Non sans insister : ‘’Ce que je peux vous dire tout de suite, c’est que l’enquĂȘte est en cours. Elle va ĂȘtre conduite de la maniĂšre la plus responsable et la plus diligente possible ».

À qui la faute ?

Avec les nĂ©gligences mĂ©dicales, une question demeure sans rĂ©ponse. Est-ce la faute des mĂ©decins incompĂ©tents ou est-ce le rĂ©sultat d’un systĂšme mĂ©dical loin d’ĂȘtre efficace ? Pour ce mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste, exerçant dans le privĂ© et dans un hĂŽpital public, la mort d’un patient, mĂȘme sans nĂ©gligence mĂ©dicale, est toujours un Ă©chec.
“Lorsqu’il prĂȘte le serment d’Hippocrate, un mĂ©decin promet de faire tout son possible”. Il souligne que les mĂ©decins du privĂ© et ceux des hĂŽpitaux ne travaillent pas dans les mĂȘmes conditions.
À propos des cas de nĂ©gligence mĂ©dicale, il prĂ©cise qu’on ne peut pas uniquement accuser le mĂ©decin car il faut souligner que c’est un travail d’équipe. Tout le monde, infirmier, aide-soignant et mĂ©decin, tient un rĂŽle dans la vie d’un patient.
« Ce gĂ©nĂ©raliste, qui officie dans un centre de santĂ©, confie que c’est souvent Ă  l’accueil du patient que les choses commencent Ă  mal fonctionner. AprĂšs, tout s’enchaĂźne. Il suffit parfois d’une mauvaise interprĂ©tation, d’une mauvaise communication et des donnĂ©es erronĂ©es pour que les choses virent au drame. Les cas de nĂ©gligence mĂ©dicale doivent servir de leçon. Nous devons nous amĂ©liorer et accepter de nous remettre en question.”

Rewmi Quotidien

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