1ER PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE (1960-1968) : Lamine Guèye, un avocat au perchoir

Des dix présidents qui se sont succédé à la tête de l’Assemblée nationale du Sénégal, entre 1960 et 2012, le premier d’entre eux, Lamine Guèye, fut aussi l’un des plus charismatiques et des plus profondément ancrés dans la mémoire politique du pays. L’avocat qui fut maire (à la fois de Saint-Louis et Dakar), député, sénateur et ministre français, présida aux destinées de la première assemblée législative du Sénégal indépendant jusqu’à sa mort (1968).

Tour à tour enseignant, soldat et avocat, Lamine Guèye connut une vie politique riche qui le conduisit à assumer, en près de quarante années de carrière, diverses fonctions allant de la charge sénatoriale à celles de maire et, finalement, de président de l’Assemblée nationale du Sénégal. Celui qui fut député du Sénégal au Parlement français et fondateur de la première section SFIO dans notre pays, accéda à la tête de la chambre basse du Parlement en 1960, dans la foulée de l’accession du pays à l’indépendance. Et, pendant 08 années, Lamine Guèye présida aux destinées de cette première assemblée législative du Sénégal indépendant qui était forte de 80 députés. Cette énième fonction élective qu’il occupa jusqu’à sa mort en 1968 venait consacrer l’aboutissement du parcours intellectuel et politique d’un homme devenu un monument dans l’histoire du Sénégal.

Né le 20 septembre 1891, à Médine (Haut du Sénégal) devenu Soudan, ensuite République du Mali), Lamine Guèye fut en effet le premier africain au sud du Sahara à étrenner le titre de Docteur en droit. Ce titre agrémenté de deux Diplômes supérieurs de spécialisation en Droit privé (1919), en Droit romain (1933) s’ajoutait à une licence en Maths ayant permis à Lamine Guèye de tenir classe à  l’école Normale William Ponty de Gorée. Parmi ses élèves, figurait un certain Félix Houphouet-Boigny.

Lamine Guèye démissionnait en février 1921 de l’enseignement pour se vouer à la politique et au droit. En 1923, il adhère à la Section française de l'internationale ouvrière (SFIO), et, deux ans plus tard, conquiert la mairie de Saint-Louis. En 1945, Lamine Guèye est élu maire de Dakar. Son mandat sera renouvelé jusqu'en 1961. Egalement député du Sénégal-Mauritanie à la première et seconde Assemblée nationale constituante, Lamine Guèye œuvra à faire voter une loi qui donnait la nationalité française à tous les ressortissants de l'Afrique occidentale française (AOF). Représentant de la France à l'ONU en 1956, il est élu sénateur du Sénégal, le 8 juin 1958.

Avec l’accession du Sénégal à l’indépendance, Lamine Guèye devint sénateur de la Communauté au titre du Sénégal. Spécialiste des problèmes institutionnels, il fut alors nommé au Conseil consultatif constitutionnel. Ce partisan des thèses « assimilationnistes », au début, évolua peu à peu vers le nationalisme. Là, sa rivalité avec Léopold Sedar Senghor, pourtant considéré comme son dauphin, apparut au grand jour. On connait la suite. L'élève dépassa le maître et devint chef de l'Etat à l'indépendance. Lamine Guèye se retrouva alors président de l'Assemblée législative. Il s'éteignait le 10 juin 1968 à Dakar, à l'âge de 76 ans. Lamine Guèye était commandeur de la Légion d'honneur.

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